Arbres et forêts qui disparaissent et émissions de CO2

Publié le par TT

Une décennie pour rien : les années 2010 n’ont pas permis d’enrayer la disparition de forêts dans le monde, surtout celle des forêts tropicales. Aujourd’hui, la pression est de plus en plus grande sur ces écosystèmes essentiels au bon fonctionnement de notre planète. Les objectifs de zéro déforestation et de reboisement de centaines de millions d’hectares devront être atteints dans les dix prochaines années.

Sommaire:
1- Un constat désastreux
2- Les 10 plus grandes forêts de la planète
3- Des forêts qui disparaissent
4- Planter des arbres, mesure efficace pour faire baisser le CO2 ?
5- Ecosia, un moteur de recherche qui replante des arbres


1) Un constat désastreux

En 2015, les seules forêts tropicales (à l’exclusion des autres) couvraient 1.770 millions d’hectares(17 700 000 km2), dont environ 840 millions en Amérique du Sud (dont l’Amazonie pour 700 millions), 600 millions en Afrique (dont la forêt du bassin du Congo) et 300 millions en Asie (dont la forêt indonésienne).
De 2015 à 2018, les forêts tropicales avaient perdu 40 millions d’hectares de couverture arborée.

La déforestation galopante

 


2) Les 10 plus grandes forêts de la planète

N°1 : La forêt amazonienne . Malgré ses 800 000 km2 de forêts disparus ces dernières années, cette forêt tropicale reste la plus grande forêt de la planète avec 5.5 millions de km2 + le Cerrado à 1.5 millions de km2. La forêt, sa faune et sa flore.
N°2 : la Taîga canadienne. Une forêt boréale avec 4.2 millions de km2. Malgré son caractère unilatéral en ce qui concerne les espèces d'arbres, la Taïga absorbe plus de CO2 de l'atmosphère que les forêts tropicales et tempérées réunies. C'est pourquoi une protection ciblée de ces forêts est indispensable, mais elle n'est malheureusement que très mal garantie actuellement.
N°3 la Taïga de Sibérie orientale Une autre forêt boréale avec 3.9 millions de km2.
N° 4 la Taîga de Norvège 2.1 millions de km2
N° 5 La forêt du Congo : Une forêt tropicale humide de 1.8 millions de km2. Bien qu'elle soit actuellement l'une des forêts les moins touchées par la déforestation, le danger de déforestation est grand en raison de la richesse de ses ressources
N°6 La forêt de Nouvelle Guinée: Une forêt tropicale humide de 545 000 km2.En plus des diverses plantes et animaux, plus de 1’000 populations indigènes vivent dans cette forêt. En outre, une grande partie de la forêt est encore inexplorée et constitue donc un point chaud pour les chercheurs du monde entier. Le fait que 5 à 10% de toutes les espèces animales de la planète vivent ici rend la chose d'autant plus intéressante pour les chercheurs et il n'est donc pas surprenant que de grandes parties des 545’000 kilomètres carrés de forêt soient sous protection.
N°7 La forêt de Bornéo : Une forêt tropicale de 290 000 km2. L'animal le plus connu de Bornéo, l'orang-outang de Bornéo, figure également sur la liste des animaux menacés dans la colonne "en danger". Cela est dû dans une large mesure à la déforestation toujours croissante pour les produits industriels comme l'huile de palme.
N°8 La forêt tropicale de Valdivian : elle s'étend entre le Chili et l'Argentine. Il y a 17000 ans, le paysage était couvert de glace.  Seule une petite partie de la forêt est protégée et donc menacée par la déforestation en cours.
N°9 La forêt tropicale humide birmane : Elle se trouve au Myanmar asiatique. La forêt offre un habitat à plusieurs espèces animales comme l'éléphant d'Asie, les gibbons et les tigres du Bengale. A cause d'une déforestation accrue, sa surface diminue à une vitesse exceptionnelle. Elle ne fait plus que 233 000 km2. Elle pourrait disparaitre dans les prochaines décénies.
N°10 La forêt Primorye : dans le sud-est de la Russie avec une surface de 130 000 km2. C'est la seule forêt au monde où cohabitent tigres, ours et léopards.

A noter que la forêt en Côte d'Ivoire ne compte plus que 13000 km2 alors qu'en 1960 elle en comptait 42000 km2. Le cacao étant la cause principale de la déforestation.


3) Des forêts qui disparaissent

Entre 2010 et 2018, la perte de couverture forestière s’est aggravée de 30 %, avec en moyenne 12 millions d’hectares détruits par an, soit 8,5 millions d’hectares par an de plus comparé à la période 2002- 2009. Et ce sans compter l’année 2019, qui restera marquée comme la pire année depuis dix ans en Amazonie.
Ceci donne donc une bonne idée de la disparition des forêts dites primaires et des tendances d’exploitation de la forêt. La disparition des forêts primaires tropicales a atteint une moyenne de 3,7 millions d’hectares par an dans la décennie 2010, soit également une hausse de 30 %.
D’un point de vue régional, le Brésil a continué à occuper une part prépondérante dans la déforestation, suivi de près par le Pérou, la Bolivie et la Colombie. Au total, cette partie de l’Amérique a perdu plus de forêt primaire que l’Afrique et l’Asie réunies pendant la décennie écoulée.

En 2016, 15.000 hectares sont partis en fumée dans la République du Congo, lors de l’un des incendies les plus dévastateurs jamais enregistrés dans la forêt tropicale d’Afrique centrale. Le bassin du Congo est la région du monde qui a connu la plus forte progression du taux de déforestation au cours de la décennie passée.
Enfin, l’Asie du Sud-Est reste concernée au premier chef, notamment avec le développement incessant des plantations dédiées à la collecte de l’huile de palme et l’implantation d’acacias et d’eucalyptus pour la pâte à bois. Entre 2010 et 2017, les quelques 4 millions d’hectares implantés dans cette région ont représenté 90 % de l’extension totale des plantations de ces palmiers.

La perte brute de couverture forestière mondiale (entendue comme toute végétation égale ou supérieure à 5 mètres de hauteur avec un couvert forestier supérieur à 25 %) s’est en effet accrue de 42 % depuis 2000. Et depuis 2014, la perte des forêts tropicales primaires humides s’est aggravée de 44 % par rapport à la période 2001-2013. Autre chiffre donné par les Nations unies : en 2015, la couverture forestière globale est tombée en dessous de 4 milliards d’hectares pour la première fois dans l’histoire de l’humanité moderne.

La perte des forets humides s'accélère depuis 2014 . En effet, entre 2001 et 2013 c'est en moyenne 3 millions d'hectares par an (30 000 km2) de foret qui disparaissent alors qu'entre 2014 et 2018 c'est 43 000 km2 par an qui disparaissent.


4) Planter des arbres, une mesure efficace et pérenne pour faire baisser le CO2 ?

Souvent, on dit qu'il faut planter des arbres pour faire baisser le CO2 atmosphérique (ou pour en limiter l'augmentation) et ainsi arrêter ou limiter le réchauffement climatique. Certains gros producteurs (directs ou indirects) de CO2 disent qu'ils plantent des arbres pour compenser “leur” CO2. Il y a des opérations de sensibilisation du public où tout un village, tout un collège plantent des arbres. Planter des arbres a un intérêt évident pour la biodiversité (c'est un habitat pour plein d'espèces), pour le rafraichissement local (ombre, humidité).
Mais est-ce une mesure efficace et pérenne pour faire baisser le CO2 atmosphérique ?
Un arbre en croissance absorbe plus de CO2 qu'il n'en ré-émet directement (par sa respiration) ou indirectement par la respiration des êtres qui le consomme partiellement. Ses feuilles et branches mortes vont augmenter la charge en carbone du sol sous-jacent. Tout cela est bon, mais ne dure qu'un temps. Au bout d'une à deux décennies, le sol s'est reconstitué à ses pieds, et les vieilles feuilles mortes se décomposent au même rythme qu'il en tombe de nouvelles. Et au bout de quelques décennies (cela dépend du type d'arbre), l'arbre arrête sa croissance et meurt. Il pourrira sur place, ou sera transformé en papier, en meubles, en charpentes… Mais papier, meubles et même charpentes ne durent pas des millénaires, et finissent par être brulés, pourris et le bilan global sera nul au bout d'« un certain temps ».
Planter un arbre aura certes fait temporairement un peu baisser le CO2 atmosphérique, mais cela ne durera que le temps de la croissance de l'arbre, puis le CO2 remontera. Si on ne veut pas que ce CO2 remonte, il faudra, pour compenser la mort du premier arbre, en planter un deuxième à la place, ce qui stabilisera la baisse, mais n'en provoquera pas une nouvelle. Si on veut que le CO2 continue de baisser, il faudrait que la quantité de carbone des arbres et du sol sous-jacent augmente encore et toujours. Planter des arbres pour faire baisser le CO2 atmosphérique peut donc être une mesure quantitativement efficace si on transforme des déserts en forêts, comme on pourrait le faire au Nord de la Chine et en Mongolie, en bordure des déserts... Le CO2 baissera tant que la forêt croitra,puis se stabilisera (à un taux plus faible qu’avant) si la nouvelle forêt devenue mature perdure.
Mais “chez nous” ? On peut certes transformer la France en un vaste territoire forestier, comme à l'aube du Néolithique. Mais que mangeront les Français ? Des sangliers ? En France, où il n'y a pas de désert et de terrains nus à reboiser, augmenter les surfaces arborées se fera mathématiquement par une diminution de la surface des terres agricoles. Cela peut durer un temps, par exemple en faisant diminuer les surfaces de maïs destiné au bétail et en mangeant directement le maïs, mais ça ne pourra pas durer des siècles. Au moins en France, planter des arbres ne peut avoir que des effets temporaires sur le CO2 atmosphérique.
Mais c'est tellement plus facile de planter un arbre que de limiter sa consommation, que de ne pas acheter des produits fabriqués à l'autre bout du monde, que de ne pas prendre l'avion quand on peut prendre le train, que de limiter son usage d'internet et autres réseaux (on dit, mais il faudrait le vérifier, que l'utilisation des différents réseaux et smartphones produit autant de CO2 que toute l'aviation civile . Planter un arbre, c'est comme prendre une aspirine quand on a une rage de dent : cela fait un peu de bien temporairement, mais ce soulagement ne dure pas, et il faut prendre une deuxième aspirine (planter un deuxième arbre) et ça ne soigne pas l'origine du mal.


5) ECOSIA- un moteur de recherche qui replante des arbres

« Vous parcourez le Web, nous plantons des arbres. » Depuis plusieurs années, le credo du moteur de recherche Ecosia a séduit des internautes sensibles aux problématiques environnementales et souvent soucieuses de s’émanciper de Google. voir article du Monde.fr
Ecosia reverse de l’argent à des programmes de plantation d’arbres dans seize pays, menés par des organisations locales (Brésil, Burkina Faso, Colombie, Espagne, Ethiopie, Ghana, Haïti, Indonésie, Kenya, Madagascar, Maroc, Nicaragua, Ouganda, Pérou, Sénégal, Tanzanie). L’entreprise a choisi de se concentrer sur les « zones critiques de biodiversité », des espaces menacés qui abritent énormément d’espèces végétales. L’entreprise revendique plus de 80 millions d’arbres plantés depuis sa création.
Dans son rapport d’activité couvrant le mois de novembre 2019, Ecosia déclare avoir enregistré 2,07 millions d’euros de revenus, dont 945 000 euros reversés pour la plantation d’arbres, soit près de la moitié. L’autre moitié couvre principalement les charges d’exploitation (salaires, bureaux, serveurs, etc.), mais aussi les frais de publicité (pour faire connaître Ecosia) et des « économies pour [les] investissements environnementaux importants, comme par exemple le financement [d’une] centrale solaire ».
moteur de recherche : ECOSIA

autres moteurs de recherches à privilégier:
2 moteurs de recherches français :
QWANT
LILO
Un autre moteur, alternative à Google
DUCKDUCKGO


15 MILLIARDS d'arbres sont abattus chaque année -- 476 chaque seconde. Ce sont nos bois, jungles et forêts tropicales qui sont décimés pour faire de la place à toujours plus de bétail, d’huile de palme et de soja. 

Reforestation et déforestation

 

C'est en Amérique du Sud , en Indonésie et en Afrique centrale que les forêts ont perdu de leurs superficies. Par contre, on a tendance à reboiser en Europe et surtout en Chine
 

 

Publié dans Notre planète

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