Le système financier mondial

Publié le par Thierry T

Le système financier mondial va mal. La situation actuelle de la finance mondiale est hors de contrôle des milieux politiques qui sont dépendants des banquiers pour l'argent. "Le" krach de la finance mondiale est de plus en plus mentionné.

Depuis quelques années  les politiques de tous les pays ont pris le parti de renflouer les banques au bord du gouffre et ce avec l'argent des états qui eux mêmes l'empruntent à crédit sur les marchés financiers et en font payer l'addition en final aux peuples.

Se dirige t-on réellement vers un effondrement du système financier mondial ?

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Sommaire:
1-


1) 2020- Risques d'une nouvelle crise financière

=> Des marchés financiers vulnérables : Il y a trop d'argent en quête de rares actifs rentables. Moins de 2000 milliards d'obligations dans la catégorie investissements (et non spéculatif) contre 16 000 milliards avant 2008.

=> La dette privée et publique des pays du G20 ne cesse d'augmenter, 135 milliards de dollars en 2016 (80 milliards en 2008). Dans le secteur privé, le rapport "(Investissements A - Investissements A-1) / Capitaux propres est largement supérieur à celui de 2008.
La crise la plus grave viendrait des dettes publiques des pays de l’OCDE s’il y avait un retour de l’inflation. Le retour de l’inflation, dû par exemple à des marchés du travail redevenant plus favorables aux salariés, ferait monter fortement les taux d’intérêt et conduirait à une crise de solvabilité budgétaire des pays ayant des dettes publiques élevées (États-Unis, Royaume-Uni, France, Italie, Espagne, Japon...)
=> Les flux d'investissements de portefeuille dans les pays émergents atteignent 300 milliards de dollars en 2017 ( dont 250 milliards rien qu'en Chine), soit le double de l'année précédente.
=> La croissance des économies dites "avancées" membres du G20 a déjà "fortement ralenti", passant de 2,1% en 2018 à 1,7% pour 2019 et à 1,4% en 2020.  La stabilité économique est "menacée" par les tensions géopolitiques, et même les taux d'intérêt exceptionnellement bas ne parviennent pas à relancer la consommation. 
=> La guerre commerciale que se livrent Pékin et Washington. Une hausse des tarifs douaniers nuirait fortement à l'économie américaine et mondiale, comme l'indiquait le Fonds monétaire international (FMI) le 21 août dernier.
=> L'Allemagne, moteur de l'économie européenne des dix dernières années, est à deux doigts de la récession, faute d'exportations suffisantes. Au Royaume-Uni, le Brexit n'est toujours pas résolu, et l'Italie est en pleine crise politique. 
=> Les obligations du Trésor américain sont devenues plus rentables à court terme que sur dix ans, ce qui signifie que les investisseurs sont pessimistes pour l'avenir.


La prochaine crise financière , Jacques Attali

Pays du G20 et ratio de la dette sur le PIB :
 

Afrique du Sud 45.40 %
Allemagne 71.70 %
Arabie Saoudite 7.80 %
Argentine 53.80 %
Australie 46.10%
Brésil 75.40 %
Canada 98.80 %
Chine 20.10 %
Corée du Sud 34.90 %
Etats Unis 73.60 %
France 98.20 %
Inde 51.70 %
Indonésie 27.70 %
Italie 132.5 %
Japon 234.7 %
Mexique 45.20 %
Royaume Uni 90.60 %
Russie 13.70 %
Turquie 32.70 %
Union Européenne  

 

Le ratio dette / PIB est un indicateur mais n'est pas toujours significatif de l'importance d'un pays endetté. Tout dépend du dénominateur et donc du volume du PIB.
Le Japon est le pays le plus endetté au monde mais ses créanciers sont japonais ! La croissance a baissé ces dernières années car son économie fait face à une population vieillissante et sa faible productivité.
L'Italie est au bord de l'implosion. Deux banques italiennes étaient au bord de la faillite récemment.
Actualité novembre 2017 : Le Vénézuela en faillite


2) Les raisons d'un éventuel krach mondial 

Alimentée depuis plusieurs années par des taux d'intérêts bas et de l'argent en quantité abondante, l'économie mondiale s'est emballée. De nouvelles bulles se sont créées sur certains marchés financiers. On y ajoute les difficultés financières de certains pays émergents ( Chine , Brésil entres autres), jusqu'ici moteur de la croissance mondiale, le développement d'un système bancaire parrallèle non régulé, des marchés en berne , une chute de la consommation, le ralentissement des investissements, la hausse du chômage, le resserement du crédit et tout est réuni pour une crise financière sans précédent.

a) Les "Brics ' en perte de vitesse

Le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud ( les BRICS , les 5 pays émergents les plus en vue), ont vu leur croissance économique chuter en 2015. Seule l'Inde sort encore son épngle du jeu. Les BRICS jouent un rôle significatif dans la croissance mondiale . Si leur croissance chute c'est toute la croissance mondiale qui chute avec.

b) L'injection d'argent frais par les banques

Cet "argent frais " a été réinvesti dans des obligations octroyés par les banques et les fonds d'investissements à des entreprises ou des états matérialisés par des "titres" qui peuvent être revendus sur les marchés obligataires.
Ces entreprise ont proposé de très bons rendements de ces prêts obligataires les rendant plus attractifs. Cependant, si les taux d'intérêts remontent trop vite, ces prêts ne seront pas honorés car les acheteurs seront attirés par d'autres types d'investissements et ces entreprises peuvent se retrouver sur "le carreau"

c) La chute des cours des matières premières

La « violente » crise des matières premières, qui a eu lieu entre mi-2014 et début 2016, semble être derrière nous. Néanmoins, malgré l’embellie des cours de Bourse depuis 2016, bon nombre d’entre elles n’ont pas encore retracé leurs chutes. Concernant le pétrole, la politique « d’ouverture des vannes » menée par le Moyen-Orient depuis mi-2014, a eu pour but de contrer la hausse des parts de marché obtenue par les productions de pétrole de schiste américain. Cette politique a partiellement fonctionné en considération des nombreuses faillites de sociétés subies dans ce secteur du pétrole de schiste ayant des coûts de production assez élevés.
L’Arabie Saoudite a inversé sa stratégie « d’abondance du pétrole » depuis plusieurs mois et a d’ailleurs remis en vigueur des quotas de production afin de soutenir les cours du baril. L’une des raisons à cela vient du fait que le prix du pétrole doit être de 80 $ minimum le baril pour que l’économie du pays se porte bien.
Concernant les métaux précieux : l’offre et la demande mondiale (notamment chinoise), le cours du dollar, la production industrielle, et l’issue de la guerre commerciale Chine / États-Unis seront les principaux facteurs de la future évolution des cours de Bourse. Certains métaux de base sont en forte hausse depuis le début de l’année 2019, tels que le nickel (+ 61 %) et le palladium (+ 32 %). D’autres, à l’inverse, sont en repli, tels que l’acier (-28 %), l’étain (- 18 %) ou encore l’aluminium (- 17 %) tandis que le plomb, le zinc et le cuivre évoluent dans les bornes allant de – 5 à + 5 %.
Pour l’or, les craintes relatives au contexte économique et politique actuel, en particulier la guerre commerciale sino-américaine, a permis au métal jaune de renouer avec son statut de valeur refuge (+ 23 % depuis début 2019).

 


3) Un système financier mondial à la dérive

Dans la Bible , il y a une inquiétante prophétie dans l'épitre de Jacques 5:1-8

"Et maintenant, écoutez-moi, vous qui êtes riches. Pleurez et lamentez-vous au sujet des malheurs qui vont fondre sur vous! Votre richesse est pourrie et vos vêtements sont rongés par les mites."

Une terrible crise économique et financière  va frapper le monde dont les Etats-Unis en particulier. Le $ est appelé à perdre sa valeur, les pays du monde entier allant chercher à se défaire des investissements qu’ils possèdent dans cette devise provoquant un retour massif de $ (et par conséquent une hyperinflation…) dans le seul pays qui pourra les accepter : celui qui les a émis les Etats-Unis.

Le compte à rebours a commencé . Le problème n'est plus de savoir si cette crise va arriver mais plutôt quand elle va arriver . En effet , on pourrait bien voir l’implosion du système financier mondial basé sur les devises fiduciaires en général et le  $ en particulier.

La protection du patrimoine passe par la détention d’actifs rattachés à la création (terres agricoles, forêts, vignobles, biens de consommation et surtout alimentaire….et immobilier en dernier ressort ayant déjà excessivement monter il va considérablement s’effondrer).

Notre sytème financier est une illusion par Mike Malloney
 

L'or , valeur de référence

Une autre façon de mesurer la stabilité d'une monnaie consiste à tout calculer en or, la monnaie choisie par l'Humanité depuis le début de son histoire. Si une monnaie conserve sa valeur par rapport à l'or, alors elle peut légitimement être appelée "Solide". Dans le cas contraire, elle appartient alors à la catégorie beaucoup plus vaste des devises détruites par leurs gouvernements. Alors dans quel groupe se trouve l'euro? On voit clairement que c'est l'une des monnaies papier dont la valeur se dilue, et aussi que ce processus s'accélère. La valeur de l'euro baisse à un rythme accéléré.

Une once d'or / année valeur en€
avril 2020 1573€
février 2020 1156€
aout 2019 1033€
2015 970€
2013 900€

 

L'un des points forts du concept de l'euro était l'influence puissante exercée par la politique de la Bundesbank, qui, en raison de son expérience formatrice de l'hyperinflation des années 1920, serait un gardien fiable de la stabilité de la monnaie européenne. Mais ces dernières années, la BCE n'a pas réussi à gérer l'euro aussi prudemment que la la Bundesbank l'avait fait avec son mark. Ses achats de dettes souveraines, pour éviter un défaut de paiement de la Grèce, montre clairement que la BCE est désormais sous le contrôle des politiciens, et qu'elle n'est pas gérée de manière indépendante. Les deux graphiques suivants illustrent ce point. ( voir chapitre7)


 


4) L'entente des banques mondiales

Après la chute de Lehman Brothers, les crises financières, économiques et des dettes souveraines de la dernière décennie, des mesures ont été prises pour éviter que la situation ne se répète à l'avenir.
Au niveau européen, une trentaine de directives ont été adoptées. La principale instance compétente sur la question, la Banque centrale européenne (BCE), a notamment décidé d'encadrer l'activité bancaire. Une union bancaire a été créée en 2014, entre les 130 plus grosses banques de la zone euro, pour assurer un mécanisme de sûreté et éviter qu'en cas de faillite, une banque n'entraîne son pays d'origine dans sa chute.
Un conseil de stabilité financière a également vu le jour, au niveau international, avec pour objectif une meilleure coopération inter-étatique sur les questions financières. Les banques ont été soumises à un encadrement plus strict de leurs activités, avec des obligations de fonds propres plus exigeantes.
De leur côté, les Etats-Unis ont toujours préféré des systèmes de régulation internes, affaiblissant les traités internationaux. Barack Obama, en 2009, a mis en place un plan de régulation des firmes financières, renforçant notamment le rôle de la Réserve fédérale (Fed) dans le contrôle des instances. En 2010, la loi dite "Dodd-Frank" régulait encore davantage le marché bancaire et protégeait les épargnants en cas de faillite. 


5) La planche à billets, utilisée par la BCE depuis 2015

Depuis 2015 : La BCE (banque centrale européenne), dirigée par Mario Draghi, injecte 80 milliards d'euros chaque mois sur les marchés dans le but de faciliter l'accès au crédit et de soutenir l'économie.
Et donc depuis près de deux et demi, la BCE a ainsi injecté plus de 2000 milliards d'euros d'argent frais dans les circuits financiers contribuant à relancer la croissance et à stopper la déflation.
Cette injection a permis à réduire le volume d'achats d'obligations qui est passé de 80 à 60 milliards d'euros.
Mario Draghi s'était engagé à ne plus rien injecter à partir de 2018*. De plus, dans la zone euro, on annonce une croissance de plus de 2% à fin 2017, le chômage recule un peu partout , les exportations repartent et les investisseurs reviennent.
Une menace pointe , le taux de parité dollar/ euros. En juin, un dollar = 1.09 € euros. En octobre, un dollar = 0.85 euros.
Cette appréciation de l'euro démontre que la zone euro devient attractive pour les investisseurs mais si cette hausse se poursuivait celà freinerait l'inflation et pénaliserait les exportations.

*Ce n'est qu'à fin 2018 que la BCE a entériné l'arrêt du programme de soutien à l'économie en zone UE en mettant fin aux achats nets de dettes privées et publiques. Ce programme, en place depuis 2015, devait soutenir le commerce et était l'un des fers de lance de l'arsenal anti-crise de la zone euro : entre le lancement et la fin du QE, 2 600 milliards d'euros ont été injectés sur le marché européen pour stimuler l'activité économique. 

La BCE et la planche à billets  ,
Zone euro , la BCE et la planche à billets
Relance de la planche à billets

"On aurait pu profiter des taux d'intérêt bas pour investir dans l'avenir, avec la transition écologique par exemple. Mais finalement, ils ont surtout profité aux investissements financiers et nourri des bulles d'actifs. Ça n'a pas eu l'effet escompté d'entraînement pour l'économie réelle."

Avec la possibilité de se financer avec des prêts à taux d'intérêt très bas, les investisseurs peu scrupuleux ont investi dans des actifs plus risqués. L'ancien patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn, expliquait déjà en septembre 2018 qu'il fallait "éponger" : les liquidités créées pour sortir de la crise ont été laissées dans la nature, "dans les poches de certains".

vidéo

 

 

Publié dans finance

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Candice 11/12/2018 16:35

Très bel article, très intéressant et bien écrit. Je reviendrai me poser chez vous. A bientôt.

Ouvrir un compte bancaire 29/04/2015 21:43

Vraiment très intéressant cet article, merci bien.

David