Raoni, Indiens au Brésil et barrage de Belo Monte

Publié le par Thierry T

PortuguêsLes caciques indiens Raoni et Megaron étaient à Paris le 24 mai 2019.  Accompagnés des membres de l'association "Planète Amazone" ,cette rencontre était émouvante et les nombreuses personnes présentes ce soir là étaient toutes derrière le combat que mènent depuis plus de 25 ans les indiens Raoni et Megaron pour la préservation de l'Amazonie et la survie des indiens.

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Sommaire:
1- La campagne de Raoni en 2019 en faveur des indiens d'Amazonie continue
2- Raoni , comment tout a commencé
3- Les tribus autochtones
4- L'inauguration du barrage de Belo Monte en 2016
5- Belo Sun, projet de mine d'or à ciel ouvert en Amazonie
6- La visite de Raoni en France en 2012

 

L'Amazonie part en fumée. Des barrages, des parcelles agricoles, un projet de mine d'or. Et les tribus autochtones sans cesse déplacées. Ou s'arrêtera t-on dans cette spirale infernale?

 


1) La campagne de Raoni en 2019 en faveur des indiens d'Amazonie continue

Le projet de remise en chantier des nombreux barrages hydro électriques en Amazonie ont amené Raoni et Megaron à repartir en campagne dans tous les pays de la planète, le gouvernement brésilien faisant la sourde oreille aux appels environnementaux et humanitaires des principaux leaders indiens. Le barrage de Sinop dans le Matto Grosso a été inauguré en 2019.
Voici un film, 1h45 de projection, qui décrit la situation au Brésil, sans langue de bois, avec différentes interview mais aussi des images qui en disent long sur la situation alarmante de l'Amazonie ou plutôt ce qu'il va en rester et des populations qui l'habitent cad les indiens.


2) Raoni : comment tout a commencé

Raoni accède à une notoriété internationale dès 1987, après sa rencontre avec le chanteur Sting, qui lui rend visite dans le Xingu. Le 12 octobre 1988, il participe avec lui, à São Paulo (Brésil), à une conférence de presse de la Tournée Human Rights Now! d'Amnesty International. À la suite de l'impact de cet événement, Sting et le réalisateur belge Jean-Pierre Dutilleux deviennent les cofondateurs de la Rainforest Foundation, créée pour soutenir les projets de Raoni, dont la priorité du moment est la démarcation des territoires kayapos menacés d'invasion.
En février 1989, Raoni est l'un des plus farouches opposants au projet de barrage de Kararao. Les télévisions du monde entier sont présentes pour recueillir ses propos à Altamira, lors d'une gigantesque assemblée de chefs restée dans les annales. Le projet de barrage sera finalement abandonné.
La tournée que Raoni entreprend avec Sting dans dix-sept pays, d'avril à juin 1989, lui permet de diffuser son message à l'échelle planétaire. Douze Fondations forêt vierge sont alors créées dans le monde avec pour objectif de récolter des fonds pour aider à la création, dans la région du Rio Xingu en Amazonie, sur des territoires répartis entre les États du Mato Grosso et du Pará, d'un immense parc national. Le rêve du Chef Raoni est alors d'unifier cinq territoires indigènes déjà démarqués (Baú, Kaiapó, Panará, Kapôt Jarina, Bàdjumkôre) avec les territoires Mekragnotire, qui ne le sont pas encore, et le Parc indigène du Xingu.
C'est en 1993, à la suite de l'engouement suscité par son tour du monde, que les territoires Mekragnotire sont démarqués et les territoires indigènes du Xingu unifiés. Ceux-ci constituent aujourd'hui la plus grande réserve de forêts tropicales de la planète.
Autre résultat concret de cette première campagne internationale de Raoni, le déblocage par le G7 de fonds pour la démarcation de toutes les réserves indigènes du Brésil, même si ce projet n'est pas encore achevé à ce jour.
Le problème des indiens pour les Brésiliens .


3) Les tribus autochtones

bresil-belo-monte(extrait du site Raoni.com) 

Les forêts tropicales abritent parmi les dernières tribus indigènes du globe. En coupant les arbres, nous détruisons ces peuples et en même temps leur culture, leurs connaissances, leur science. L’humanité prend le risque de se priver de ce savoir. Plus de 1 000 tribus vivent dans les forêts vierges tropicales. La majeure partie d’entre elles est en voie d’extinction, luttant contre les envahisseurs qui pénètrent sur leurs terres illégalement. La disparition des indiens provoquerait la perte de tout leur patrimoine culturel mais aussi d’un savoir-faire dont le monde moderne a encore besoin aujourd’hui.
La faune et la flore comestibles sont rares dans la forêt amazonienne. Cependant, les Indiens ont su s’adapter à cet univers complexe et tirer parti de sa diversité. Ils se déplacent en fonction des ressources forestières et s’adaptent aux capacités de régénérescence du lieu où ils s’installent. Ils subsistent principalement grâce à la chasse, la pêche et la cueillette. Dans les sociétés traditionnelles, les Indiens dépendent entièrement, beaucoup, peu ou à peine de leurs cultures.
Les Indiens d’Amazonie pratiquent la culture sur terres déboisées et brûlées depuis des millénaires. Conscients de la fragilité de leur environnement, les parcelles qu’ils laissent en jachère sont suffisamment petites pour que la jungle se reconstitue d’elle-même. On a pu remarquer que les jardins abandonnés par les Indiens depuis plus de quarante ans sont deux fois plus riches en espèces que les terrains environnants. Les pratiques de gestion traditionnelle permettraient donc aux ressources de se renouveler tout en satisfaisant les besoins des Indiens. Au contraire, les défrichements massifs voués aux plantations et aux pâturages ne permettent pas à la forêt de se régénérer. « Les habitants de la forêt vierge la considèrent comme une terre nourricière, et non comme une menace. »

La Fondation nationale de l’Indien, la Funai, prétend que les intérêts des Indiens passent par leur intégration socioculturelle dans la société moderne. La population non indienne établie en Amazonie a augmenté de 1 000 % entre le milieu des années 1950 et aujourd’hui. Toutes les activités qui font venir des hommes en Amazonie apportent aussi des maladies contre lesquelles les Indiens ne sont pas immunisés, et l’alcool, qu’ils ne supportent pas. Malgré les promesses d’action, le gouvernement tarde à expulser les chercheurs d’or, mineurs et autres occupants illégaux des territoires indiens. 


4) L'inauguration du barrage de Belo Monte le 5 mai 2016

a) La mise en route du barrage

En date du jeudi 5 mai 2016, la Présidente du Brésil, Dilma Rousseff a inauguré la troisième centrale hydroélectrique au monde, la Centrale Hydroélectrique de Belo Monte. Avec une capacité installée d’environs 11233 MW, elle vient après celle de Trois Gorges en Chine, la première au monde avec une  production de 20300 MW, suivie par celle d’Itaipu au Brésil avec une capacité de 14000MW. Située dans la municipalité d’Altamira, au sud-ouest de l’état de Pará, la centrale a été construite sur le fleuve Xingu aux alentours de la grande forêt tropicale de la planète : la forêt amazonienne.
La centrale Hydroélectrique de Belo Monte - détails

Dilma, la présidente du Brésil, avait  donné son approbation pour la construction d'une énorme centrale hydroélectrique (la 3ème plus grande au monde). C'est la sentence de mort pour tous les peuples vivant  près du fleuve, car le barrage inondera environ 400 000 hectares de forêt. Plus de 40 000 Indiens devront trouver de nouveaux endroits où vivre. La destruction de l'habitat naturel, la déforestation et la disparition de plusieurs espèces sont des faits !
Nous savons qu'une image vaut mille mots, et montre le véritable prix à payer pour la "qualité de vie" de nos modes de vie dit "modernes"
Il n'y a plus dans notre monde de place pour ceux qui vivent différemment, que tout doit être aplani, que chacun, au nom de la mondialisation, doit perdre son identité, sa façon de vivre.

Les 20 projets de barrage au Brésil qui vont détruire l'Amazonie

b) Belo Monte: un gouffre financier

Le barrage est un gouffre financier estimé à 10 milliards d’euros et financé à plus de 80 % par l’argent public. Censé produire 11 000 mégawatts (MW) d’énergie avec une dix-huitième turbine mise en service en novembre 2019, il n’a jusqu’à ce jour, pas produit plus de 4 571 mégawatts en moyenne par an depuis 2016. Un piètre résultat que le concessionnaire, Norte Energia, a fini par reconnaître, malgré les démentis réitérés de son équipe de communication.
Ce serait en effet donner raison aux dizaines d’études scientifiques et techniques qui avertissent depuis des années de la non-rentabilité du mastodonte. Le projet d’origine de Belo Monte dans les années 1970 était bien différent : il comprenait six barrages qui allaient inonder 20 000 km2 de terres pour produire 11 000 MW d’électricité. C’est contre ce chantier que le chef indien Raoni s’était levé, aidé à l’étranger par le chanteur Sting.
Les experts savent depuis longtemps que le barrage sera presque à sec pendant au moins les quatre mois de la saison sèche, quand le débit du fleuve Xingu est considérablement réduit : « Seule une turbine fonctionne en cette saison et cela va s’accentuer avec le changement climatique » .


5) "Belo sun", projet de mine d'or à ciel ouvert en Amazonie

Car après Belo Monte, voilà Belo Sun, un nom tout aussi attractif pour désigner une mine d’or à ciel ouvert qui serait la plus grande du Brésil. Une mine qui, elle, sera bien alimentée par le barrage. Belo Sun Mining Corp, qui appartient au groupe financier canadien Forbes & Manhattan, espère extraire 60 tonnes d’or en douze ans sur 346 hectares.

En 2017, la justice lui a refusé le permis d’exploitation pour ne pas avoir consulté les populations indigènes. Mais M. Bolsonaro a promis d’ouvrir l’exploitation minière dans les territoires indiens et un projet de loi doit être bientôt présenté dans ce sens. Il ne sera ainsi plus nécessaire de consulter les Indiens avant d’exploiter leur territoire, comme l’exige encore la Constitution.


6) La visite de Raoni en France

Raoni était venu rencontrer François Hollande le 30 novembre 2012 pour plaider la cause des peuples indiens et autochtones du Brésil face au projet de construction du barrage de Belo Monte.Il avait reçu le soutien du président français 

Raoni en FranceLa construction controversée du barrage de Belo Monte, sur le fleuve Xingu au Brésil, dans lequel sont impliquées des entreprises françaises comme Alstom, avait été évoquée lors de cet entretien, qui précède une visite d'Etat de la présidente brésilienne, Dilma Rousseff, en France le 11 décembre.
L'entretien s'est tenu en présence du président de l'association "Planète Amazone", Gert-Peter Bruch, et de celui de la Fondation pour la nature et pour l'homme, Nicolas Hulot.
"C'est un message d'humanité que le chef indien nous apporte ici", a déclaré Nicolas Hulot dans la cour de l'Elysée. "Le chef Raoni vient nous rappeler que les changements climatiques, la déforestation, la perte de la biodiversité vont affecter l'humanité tout entière et j'aimerais simplement que les hommes et les femmes politiques l'entendent", a-t-il ajouté.
Article repris dans Franceinter.fr


 

Participation des groupes industriels français à ces différents projets

  • ALSTOM a participé à la construction du barrage de Belo Monte au Brésil 
  • GDF-SUEZ a participé aux études environnementales pour le barrage de Jirau
  • EDF a participé consortium de construction du barrage de Tapajos

RAONI le gardien de l'Amazonie

 

dd

Une série de photos impressionnantes :
Slate.fr : L'eau qui coule dans la rivière est la même que le sang qui coule dans nos veines

tags: indiens, Raoni, Belo Monte

Publié dans Notre planète

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maillot de foot 2016 2017 28/03/2016 05:22

article merveilleux, la description détaillée de la part je pense qu'il est bon de nous appeler!