Les hommes, les abeilles et les pesticides

Publié le par Thierry T

Les ABEILLES sont des acteurs de la biodiversité. Leur présence est non seulement indispensable à la production nationale de miel et d’autres produits de l’apiculture mais aussi à la pollinisation et donc à l’agriculture.
Les mortalités importantes d’abeilles enregistrées
en divers points du globe ( du essentiellement aux pesticides) et en France mobilisent la communauté scientifique et les professionnels .

Rejoignez le mouvement européen pour la sauvegarde des abeilles et pour une agriculture sans pesticides, respectueuse des écosystèmes.               Pollonis

27 avril 2018, les représentants des Etats membres de l’Union européenne ont décidé d’interdire trois produits de cette famille d’insecticides jugés dangereux pour les abeilles sur toutes les cultures de plein air. Le texte concerne trois néonicotinoïdes (clothianidine, imidaclopride, thiaméthoxame), dont elle avait partiellement restreint l’utilisation en décembre 2013 . Plus sur le Monde.fr

4 décembre 2019, le tribunal administratif de Nice interdit deux insecticides (Closer et Transform) à base de sulfoxaflor, apparenté aux néonicotinoïdes. Ces deux produits viennent de DOW Chemicals

5 octobre 2020 : Les députés ont voté lundi 5 octobre pour permettre aux producteurs de betteraves de réutiliser temporairement les très controversés néonicotinoïdes, ces pesticides "tueurs d'abeilles". Si des alternatives existent à moyen et long terme, il s'agirait d'une décision d'urgence pour sauver la filière.



2) Pourquoi les abeilles sont elles menacées ?

La mortalité élevée des abeilles (jusqu'à 30% de mortalité)  enregistrée en divers points du globe et en France mobilisent la communauté scientifique, les professionnels et les pouvoirs publics depuis plusieurs années. L'exposition aux pesticides est pour beaucoup la cause principale ..
En butinant les fleurs traitées et en buvant dans les flaques d'eau contaminées, les abeilles sont exposées aux pesticides. Ces produits altèrent leur mémoire, elles se souviennent moins bien du chemin de retour à la ruche et les rendent plus vulnérables face aux prédateurs. Avec moins d'abeilles, la pollinisation est plus faible, la production est de moins bonne qualité et moins abondante.

statistiques sur la disparition des abeilles


3) A propos des pesticides néonicotinoïdes tueurs d'abeilles

L'association Pollinis est une des nombreuses associations qui se sont battus et se battent toujours  pour interdire l'utilisation de ce type de pesticides.
Le lobying des multinationales agrochimiques comme
Bayer et Now  par exemple est important et l'interdiction totale de ces pesticides qui génèrent des profits très importants pour ces sociétés ne sont pas prêts de disparaitre.
L'utilisation de ces pesticides accentue la mortalité des abeilles qui ne cesse de croitre ces dix dernières années et donc génère des conséquences graves sur la chaine de vie.
19 mars 2016 : C’est à la suite de plus de deux heures et demi de débats intenses dans l’Hémicycle que l’amendement à la loi Biodiversité proposant une interdiction des néonicotinoïdes à été adopté de justesse à 30 voix pour et 28 voix contre.

La fin du permis de tuer les abeilles s'est donc joué à l’Assemblée nationale en 2016. Plus de soixante députés, dont l'ex-ministre de l’Ecologie Delphine Batho, ont bataillé avec ardeur face à la pression des lobbies pour maintenir un amendement qui vise à interdire totalement les pesticides néonicotinoïdes dès 2017.

De nombreuses études ont montré que ces substances ultra-toxiques peuvent rester présentes dans le sol jusqu'à trois ans après le traitement et que les cultures non-traitées replantées sur le même terrain révèlent des traces de néonicotinoïdes jusque dans leur pollen... que viennent ensuite butiner les abeilles !

Loi biodiversité : L'interdiction des néonicotinoïdes abrogé !
Les néonicotinoides ne nuisent pas aux abeilles selon Bayer

 


4) Sulfoxaflor et flupyradifurone : sont ils des néonicotinoïdes ?

L'industrie des pesticides essaie de cacher la réalité derrière deux nouveaux produits chimiques, similaires au groupe très connu des néonicotinoïdes lié à la mort massive des abeilles dans le monde entier.

Un article de "Pesticide action network"

23 octobre 2017: L’annonce a fait l’effet d’une bombe chez les apiculteurs : le sulfoxaflor, un pesticide néonicotinoïde tueur d’abeilles, vient d’être autorisé en France!
Il s’agit là d’un coup de force inouï des multinationales du toxique alors même que la France a décidé d’interdire ces pesticides à partir de 2018 et qu’une étude alarmante vient tout juste d’être publiée démontrant que les pesticides - en particulier les néonicotinoïdes - seraient responsables de la disparition de 80% des insectes en Europe en moins de trente ans.
Fin 2019 , le Sulfoxaflor définitivement interdit en France.


5) La Surmortalité des colonies d'abeilles

Ce phénomène est complexe et met en œuvre de nombreux facteurs susceptibles d’interagir lors d’expositions concomitantes ou successives.

a) Les causes biologiques

Vingt-neuf agents pathogènes et prédateurs de l’abeille (prédateurs, parasites, champignons, bactéries et virus) sont aujourd’hui dénombrés et connus. Tous ces agents participent potentiellement aux affaiblissements et pertes de colonies d’abeilles. Certains de ces agents peuvent agir simultanément.

b) Exposition aux produits chimiques employés dans l’environnement. 

Les abeilles peuvent être exposées, comme l’ensemble des organismes vivants, aux divers agents chimiques susceptibles d’être présents dans l’environnement. Dans les zones cultivées, la majeure partie de ces agents chimiques appartient à la catégorie des produits phytopharmaceutiques, encore appelés produits phytosanitaires ou pesticides. Les abeilles sont exposées directement lors de l’application du traitement, mais également via les résidus de pesticides contenus notamment dans les matrices récoltées par les abeilles . 

c) L’alimentation

Pour couvrir leurs besoins, les abeilles ont besoin, outre du nectar nécessaire aux butineuses en vol, d’un pollen de qualité issu d’une flore diversifiée (source de protéines) et de miel (source d’énergie) stockés au cours de la saison apicole. Toutes les ressources alimentaires ne sont pas de qualité équivalente. En effet, certains pollens, plus riches en nutriments, sont choisis de façon préférentielle par les abeilles.
La diminution de la biodiversité, liée notamment à la monoculture a pour conséquence une réduction du nombre d’espèces de plantes disponibles et un raccourcissement de leur temps de floraison. Le manque de pollen, l’absence de réserves suffisantes, un manque de diversité ou de qualité  dans ces apports peuvent affecter la bonne santé des colonies d’abeilles; 

d) Les pratiques apicoles 

De la tenue du rucher dépend son état sanitaire : il est donc essentiel que l’apiculteur porte une attention particulière aux facteurs critiques permettant le bon développement de ses colonies Le respect de règles techniques et de biosécurité en termes de milieu de vie, essaimage, nourrissement, etc. est indispensable à la bonne santé du rucher. Il est également nécessaire d’effectuer des contrôles réguliers et d’utiliser de manière adéquate les traitements contre les maladies.  

e) D’autres causes

En l’absence de diagnostic étiologique, de nombreux cas de mortalité restent à ce jour d’origine indéterminée.
Une grande diversité de facteurs, intervenant de façon isolée ou en association, est donc susceptible de provoquer une mortalité anormale de colonies d’abeilles. Certains de ces facteurs sont aujourd’hui bien connus et régulièrement identifiés (c’est le cas de nombreux agents biologiques et chimiques).
Cependant, pour d’autres, leur effet est difficile a démontrer (effet de l’environnement nutritif, de facteurs climatiques, de certains produits phytopharmaceutiques, certaines infections virales, etc.). De plus, l’effet de l’action combinée de plusieurs d’entre eux reste, à ce jour, et malgré les études en cours, encore peu connu.


6) A Cuba, les abeilles sont heureuses

Dans les vallées de la province de Matanzas, à Cuba, les abeilles virevoltent au grand air sans la menace des pesticides qui déciment leur population dans le reste du monde. Cette pureté de leur environnement et un régime riche en fleurs sont à l'origine d'un miel convoité en Europe.
L'environnement des abeilles cubaines est devenu pur avec la crise économique des années 1990 provoquée par l'effondrement de l'Union soviétique: celle-ci fournissait à l'île des milliers de tonnes de pesticides, fertilisants et herbicides; quand cet apport a subitement cessé, Cuba n'a pas eu d'autre choix que de développer des alternatives naturelles, ce qui a réduit à quasiment zéro le recours aux produits chimiques, si néfastes aux populations d'abeilles et à la qualité du miel.
Malgré ses 8.834 tonnes de miel produites en 2018 - soit 1.300 de plus que l'objectif visé par l'Entreprise apicole cubaine (Apicuba, public) - Cuba reste bien loin derrière l'Argentine, premier producteur d'Amérique latine avec 76.000 tonnes de miel en 2018, selon les chiffres de 2017 de l'Agence des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO).
Dans la campagne cubaine, les abeilles ne sont exposées à aucun grand risque naturel ni menace humaine et profitent d'une température estivale toute l'année et d'une humidité qui leur assure des fleurs en permanence.
"Nous n'utilisons aucun produit chimique lors de la fumigation des ruchers ou du désherbage", ni "aucun antibiotique", des produits de toute façon difficiles à obtenir en raison de l'embargo américain en vigueur depuis 1962.

Les hommes, les abeilles et les pesticides
Les hommes, les abeilles et les pesticides

7) Coronavirus et abeilles

L’aveuglement général de la dimension criminelle du modèle économique dominant est, incontestablement, celui de la disparition catastrophique des abeilles. L’irresponsabilité collective c’est de croire que le « monde » peut vivre sans les abeilles et que la nature ne pourrait pas réagir à la disparition de l’un des maillons les plus importants de sa chaine écologique et à la rupture extraordinairement rapide des équilibres naturels.
Peut-on penser une seule seconde que la place des abeilles qui disparaissent, resterait éternellement vide ? Et si la disparition des abeilles expliquait la naissance d’un certain nombre de virus et d’autres microbes plus ou moins dangereux ? Pourquoi s’interdirait-on de penser que l’usage intensif des produits chimiques dans l’agriculture, tels que les pesticides, les phytosanitaires, les engrais chimiques et autres antibiotiques massivement utilisés dans les élevages intensifs qui détruisent les conditions de vie des abeilles, ne produisent pas en même temps les conditions d’apparition de nouveaux virus. Le corona virus n’est-il pas l’un des nombreux « héritiers » possibles des abeilles ?
Pendant des années et des décennies, on s’est interdit, avec souvent l’appui d’experts généreusement rémunérés par les fabricants de ces produits-poisons, de voir l’évidence des liens entre l’agriculture capitaliste intensive et la disparition des abeilles, comme de plusieurs autres espèces animales et végétales. Combien de temps nous faudra-il pour voir le lien entre l’accélération extraordinaire de la disparition du « vivant » et l’apparition de nouvelles pandémies incontrôlables et visiblement d’ampleurs inconnues ?


8) Les abeilles et le confinement

"Il y a des fleurs partout, c'est calme comme jamais". La remarque en avril 2020 d'un apiculteur qui constate que ses abeilles revivent et qu'elles s'activent pour produire beaucoup de miel cette année.
Depuis plusieurs années, on entend beaucoup parler des abeilles qui meurent. Les principales causes sont connues : cocktails de pesticides, insecticides et fongicides, servis dans les cultures, mais aussi manque de nourriture au printemps et en automne.
Avril 2020, l'activité forestière est suspendue, les tronçonneuses des bûcherons sont muettes, les promeneurs et les touristes sont confinés chez eux. Il n'y a plus de circulation d'aucune sorte, ni sur les sentiers, ni sur les pistes cyclables.  L'agriculture, elle aussi, tourne au ralenti. Les paysans n'ont pas encore fauché les prairies comme les autres années, les traitements agricoles sont moins nombreux. Tout est calme et moins pollué, les abeilles peuvent butiner sans être dérangées


9) La disparition des abeilles aux Etats Unis

Au premier jour du printemps, un océan de fleurs blanches. Ce sont les amandiers de Californie. Des champs à perte de vue. Ici, on produit 900 000 tonnes d'amandes par an, 80% de la production mondiale. Un marché florissant pourvu que les abeilles soient au rendez-vous. Les ruches viennent des quatre coins des États-Unis. Des milliers de kilomètres, deux à trois jours de voyage pour les abeilles. C'est la plus grande migration de butineuses au monde. Certaines viennent du Texas et ont un mois pour polliniser tous les amandiers et pourtant...

Les fruits et les légumes qui contiennent le plus de pesticides. Faire donc les bons choix.

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Publié dans Notre planète

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baldenberger 25/11/2016 14:07

pour ceux qui sont intéressés par la philatélie : http://philatelier.over-blog.com/2015/11/l-abeille.html

Mirela 16/05/2016 13:40

On oublie trop souvent que les abeilles sont très importantes pour la biodiversité, merci de nous le rappeler à travers votre article.