L'empreinte carbone

Publié le par Thierry T

Réduire de 17% d’ici à 2030 l’empreinte carbone des Français -par rapport à son niveau de 2007, c’est possible ! La quantité de dioxyde de carbone, qui a triplé depuis 1960,  est liée en effet à notre consommation. On sait que les émissions de CO2 sont responsables en partie du réchauffement climatique. Cet article nous donnera quelques pistes de réflexion pour maitriser à notre niveau l'émission de dioxyde de carbone.

Sommaire:
1- L'empreinte carbone:définition
2- Les principales sources d'émissions de CO2 en France
3- Réduire les émissions de CO2 individuelles
   a) les déplacements
   b) l'habitat
   c) l'alimentation


L'empreinte carbone : définition

L’empreinte carbone mesure la pollution des hommes à partir de la quantité de dioxyde de carbone produite par leurs activités.
Le dioxyde de carbone, aussi appelé gaz carbonique ou anhydride carbonique, est un composé inorganique dont la formule chimique est CO2, la molécule ayant une structure linéaire de la forme O=C=O.
Lorsque tu te rends à l’école, que tu manges un steak ou que tu utilises ton ordinateur ou ton téléphone portable, cela produit de la pollution. Cette pollution se mesure. C’est ce qu’on appelle l’empreinte carbone.
Le calcul de l’empreinte carbone permet de connaître la quantité de pollution émise par nos activités. Elle évalue la quantité de gaz CO2 nécessaire pour accomplir une activité ou fabriquer un objet. Le souci, c’est que le CO2 est le principal gaz responsable du réchauffement de la planète.

dioxyde de carbone, CO2

 


Les principales sources d’émissions de CO2 en France

Selon les dernières estimations de 2018, les principales sources d’émissions de gaz à effet de serre d'un Français sont le logement et le transport (environ 30% des émissions chacun), suivis de l'alimentation (autour de 16%).
Si chacun fait un effort sur ces deux postes budgétaires, le transport des personnes et le mode de chauffage des logements, la baisse des émissions de CO2 sera significative.
- La voiture : 2 tonnes de CO2 par an et par personne. Elle devance encore largement l'avion et ses 480 kg de CO2 annuels par personne
- L'énergie de nos logements : 2,7 tonnes de CO2 par an, avec le gaz, l'électricité, la chaleur, l'énergie utilisée pour les services associés au logement (traitement des déchets, etc.)
- Les services publics et les services de santé : 1,5 tonnes de CO2 par an. Cette catégorie regroupe les services publics comme la police, la gendarmerie, la défense, l'éducation, mais aussi les services de santé, de justice, etc. Ces services utilisés par tous produisent des gaz à effet de serre, qui sont répartis entre tous les Français dans les estimations.
- L'achat et l'utilisation de nouvelles technologies : 1,2 tonnes de CO2 par an. C'est la catégorie qui risque le plus d'augmenter, avec l'usage grandissant d'Internet, des ordinateurs, de la téléphonie mobile, des appareils high tech...
- L'alimentation (viande et poisson) : 1,15 tonnes de CO2 par an. Les aliments d'origine animale ont une empreinte carbone particulièrement élevée en comparaison aux autres aliments. Par exemple, le boeuf et l'agneau représentent 650 kg de CO2 par an et par personne, à savoir 6% de notre empreinte carbone totale.
Pour éviter que le climat ne se dérègle davantage, il faudrait diviser par 4 nos émissions de CO2 d'ici à 2050.

Les secteurs contribuant aux émissions pour la France métropolitaine :

  • le transport routier : 32% des émissions totales,
  • le résidentiel/tertiaire : 24,1% dont 67% sont directement imputables au sous-secteur résidentiel,
  • l'industrie manufacturière : 22,6% dont 27% provient du sous-secteur des minéraux non métalliques et matériaux de construction et 25% du sous-secteur de la chimie,
  • la transformation d'énergie : 16,3% dont 47% provient du sous-secteur de la production d'électricité et 28% du raffinage du pétrole,
  • l'agriculture/sylviculture : 2,7%,
  • les autres transports : 2,1% (dont transport aérien : 45% et transport fluvial : 35%).

> Les émissions des six gaz à effet de serre couverts par le protocole de Kyoto ont augmenté de 70 % de 1970 à 2015


Réduire les émissions de CO2 individuelles

Voici les préconisations de l'Ademe :

1) Les déplacements

La meilleure façon de se déplacer, surtout en ville, c’est d’emprunter les transports doux (transports publics, vélo, marche à pied).
Si le voyage en train (à conseiller) s’avère difficile, mieux vaut privilégier une voiture récente de petite cylindrée ou le covoiturage. Les émissions des modèles les plus récents dépassent à peine 100 grammes de CO2/km parcouru, contre 160 grammes, en moyenne, pour le parc automobile français. Attention aussi à adopter un mode de conduite doux et à vérifier la pression des pneumatiques. Deux conditions qui, une fois remplie, permettent de réduire d’environ 8 % la consommation de carburant.
L’avion reste à n’utiliser qu’en tout dernier ressort. Car, un aller-retour Paris-Toulouse effectué en avion émet 2,7 fois plus de CO2 qu’en voiture et 34 fois plus qu’en train.
Lire : "comment diminuer son empreinte carbone"


2) L'habitat

a) L'énergie

L’amélioration de l’isolation de l’habitat permet de réduire massivement la consommation d’énergie de chauffage et par conséquent les émissions de gaz carbonique. Dans un logement ancien, chauffé au gaz ou au fioul, l’économie d’émission individuelle peut ainsi s’élever à 18 %..
Le logement est le principal poste de dépenses des ménages : il représente 21 % de leur consommation en 2014 selon l’Insee (comptes nationaux). Après les loyers, l’énergie constitue le poste prépondérant dans la dépense de logement des ménages. En 2015, on estime qu’un ménage dépense en moyenne 1 380 euros par an pour le chauffage, l’eau chaude sanitaire, la cuisson, l’éclairage ainsi que pour l’alimentation des appareils électroménagers, soit 4 % de son revenu.
Historiquement mise en place pour générer des recettes budgétaires, la fiscalité énergétique est de plus en plus souvent conçue comme un levier destiné à inciter les ménages et les entreprises à modifier leurs comportements en matière de consommation d’énergie, et ainsi réduire les pollutions et les atteintes à l’environnement . En taxant de manière différenciée les énergies, elle renchérit celles qui sont les plus nocives pour l’environnement, en particulier les énergies fossiles. Elle vise à intégrer, dans le coût de ces énergies, les coûts sociaux et environnementaux occasionnés par leur utilisation : c’est le principe du « pollueurpayeur » . Ainsi, la consommation énergétique plus faible en Europe qu’aux États-Unis peut s’expliquer en partie par un niveau de fiscalité environnementale nettement plus bas aux ÉtatsUnis. Dans cet objectif, les pouvoirs publics ont réformé plusieurs taxes depuis 2013. En particulier, la composante carbone, introduite en 2014 dans la fiscalité des énergies fossiles, s’inscrit dans cette logique. Partie intégrante des taxes intérieures de consommation sur le fioul et le gaz de ville, mais aussi sur le gazole et l’essence, son montant dépend du contenu en CO2 de chaque énergie. La composante carbone a été introduite en 2014 au prix de 7 euros par tonne de CO2 (€/tCO2) émis. Elle atteint 14,5 €/tCO2 en 2015, 22 €/tCO2 en 2016, 32 €/tCO2 en 2019 et elle doit continuer à augmenter.
statistiques chauffage :

Energie % utilis. cout moyen par an
Gaz 39% 840€
Electricité 35% 1080€
Fioul 12% 1070€
Bois 5% 420€
chauffage urbain 4% 650€
GPL 1% 1550€

Les consommations énergétiques des ménages augmentent avec leurs revenus, compte tenu de la taille de leurs logements et de leurs modes de vie. Ainsi, la facture énergétique des 10 % les plus aisés s’élève à 1 820 euros par an, contre 1 210 euros pour les 10 % les plus modestes. En revanche, rapporté à leur niveau de revenu, l’effort financier consenti est nettement plus important pour les ménages les plus modestes.

b) Les autres équipements de la maison

Le remplacement des ampoules à incandescence par des lampes fluo-compactes s’avère particulièrement intéressant, si l’on se souvient que le rendement énergétique des ampoules traditionnelles est dix fois moindre que celui des lampes fluo-compactes les plus modernes.
Lors d’un achat d’équipement électroménager, mieux vaut privilégier les appareils dont l’étiquette énergie arbore un A++, signe de grande sobriété énergétique.
Allonger la durée de vie des équipements électriques et électroniques tout en améliorant leur efficacité énergétique.


3) L'alimentation

Un individu en France ingère chaque jour environ 2,4 kg d’aliments, dont la moitié d’aliments solides et la moitié de boissons. Parmi les aliments solides, on compte 2/3 de produits d’origine végétale (produits céréaliers, fruits et légumes) et 1/3 de produits d’origine animale (lait, viande principalement).
La part des fruits et légumes importés dépasse 40 % pour certains produits tels que les tomates, les concombres, les pêches/nectarines et le raisin de table (hors agrumes et bananes non produits en métropole). Ils constituent un des principaux postes de transport de denrées alimentaires, juste après l’alimentation animale.

a) La production agricole et la transformation

Ces deux étapes pèsent lourds en termes d’émissions de gaz à effet de serre. La surface nécessaire à l’alimentation de la population française (26 Mha), est très légèrement inférieure à sa surface agricole (28 Mha). Mais la consommation de viande et de lait mobilise plus de 80 % de la surface agricole.
Elevage industriel : un effet boeuf sur l'environnement cf Greenpeace
La moitié de la consommation d’énergie de l’agriculture est de l’énergie indirecte (liée aux intrants et aux équipements). Cependant, le contenu carbone des produits agricoles exportés excède le contenu carbone des produits importés, ce solde positif est de 9 MteqCO2 soit environ 8 % des émissions de GES de l’agriculture française.
A l’exception des fruits, légumes et produits de la mer frais, l’essentiel des produits que nous consommons a subi une ou plusieurs étapes de transformation. Or, la consommation d’énergie liée à la transformation des produits est du même ordre de grandeur (4,9 Mtep) que la consommation d’énergie de l’étape agricole. En revanche, les émissions de CO2 (9,1 MtCO2) sont 10 fois plus faibles du fait notamment de l’importance des émissions de CH4 et N2O de l’agriculture.

b) Les transports de marchandises lié à l’alimentation

L’alimentation des ménages en France générerait un trafic de 201 milliards de t.km (tonnes-kilomètres) par an. Si la majorité est du transport maritime (57 %), les émissions à la tonne de ce mode de transport étant plus faibles que celles du transport routier, c’est bien le transport routier qui est à l’origine de l’essentiel des émissions du transport de produits alimentaires (83 %).
Les aliments produits en France représentent 23% du trafic seulement mais 47% des émissions. L’avion représente une très faible part de la demande de transport (0,5 %), mais son impact en termes d’émissions de CO2 est significatif (1,1 MtCO2, soit 5 %).
Le transport des aliments pour animaux pèse pour 1/3 du trafic total (en majorité des tourteaux) et 19 % des émissions de CO2. Les fruits et légumes représentent 1/4 du trafic total, et 31 % des émissions, ils forment donc la première catégorie donc en termes d’émissions liées au transport.

c) L'éthique alimentaire

Les considérations éthiques prennent désormais une place importante dans les choix alimentaires des consommateurs.
=> L’éthique du corps : le consommateur a pris conscience que l’alimentation ne pouvait pas lui faire que du bien, et cherche des aliments qui pourront l’accompagner dans sa recherche de bien-être, de vitalité, et de forme.
=> L’éthique animale : impact de l’élevage sur l’environnement, conditions de détention et d’abattage des animaux révélés, mise en avant de la souffrance animale, autant de critères qui ont poussés de nombreux consommateurs à sauter le pas d’une alimentation sans viande, notamment, ou d’une consommation plus raisonnée.
=> L’éthique de la nature : repose sur une prise de conscience entre alimentation et développement durable. Les consommateurs veulent des aliments bio, locaux, avec le moins d’emballage possible. Une tendance marquée d’avantage « chez les jeunes » .
=> L’éthique de la solidarité : la détresse des agriculteurs, notamment vis-à-vis de leurs conditions de travail et leur rémunération, est pointée du doigt depuis quelques années déjà. Une transparence qui a permis aux consommateurs et consommatrices de revoir leur manière de consommer, en privilégiant les produits locaux et en étant prêts à payer plus pour mieux rémunérer les producteurs.
=> L’éthique de la transparence : les consommateurs veulent savoir ce qu’il y a dans leur assiette : composition des produits, provenance géographique des ingrédients, lieu de fabrication, modes de production.

 


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mots clés : dioxyde de carbone, CO2, carbone

Publié dans Climat

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