La déforestation en Amazonie

Publié le par TT

Il disparaît dans le monde chaque année depuis 15 ans : 80.000 km2 de forêt (solde tenant compte de la reforestation), soit la surface de l’Autriche.
L’Amazonie en est la principale victime à 53 % avec la disparition de 42.510.000.000 m2 de couvert forestier par an, soit 1.350 m2 à chaque seconde, ce qui correspond à la surface d’un terrain de football toutes les 7 secondes.

Sommaire :
1- La déforestation en Amazonie
2- Constat et actions
3- MERCOSUR et engagements environnementaux du Brésil
4- Déforestation versus augmentation des terres agricoles


image de synthese du barrage de Belo Monte

1) La déforestation en Amazonie

a) Une déforestation qui augmente chaque année

La déforestation a augmenté de 467% en octobre 2014 par rapport au même mois de l'année dernière a annoncé l'ONG Institute Imazon .Environ 60% de la déforestation a été réalisée sur des terrains privés et occupés illégalement.
L’Equateur détient le record mondial avec un taux annuel de déforestation de 1,7 %, loin devant le Brésil (0,6 %/an): à ce rythme, il n’y aura plus de forêts primaires en Equateur en 2070.
Entre 1492 et 1970, 1% de la forêt amazonienne a été détruite. Durant ces 45 dernières années, cette même forêt s'est réduite de 14 %, soit une superficie supérieure à deux fois celle de la France et une vitesse de déforestation 200 fois plus élevée.

L'état actuel de la forêt amazonienne
L'état actuel de la forêt amazonienne

La forêt amazonienne représente encore aujourd’hui 7 millions de km2, soit 2/3 des forêts tropicales (14 fois la France).
L'écosystème créé autour d'un seul arbre pendant des milliers d'années (forêt primaire ou ancienne) ne peut être reproduit par un simple reboisement (forêt secondaire), tel que pratiqué en Europe.
Au 16ème siècle vivaient en Amazonie entre 5 et 7 millions d’indiens. Aujourd’hui, on n’en dénombre plus qu’un million.
Au Brésil, la vitesse de déforestation est 17 fois plus élevée dans les zones non-indiennes que dans les territoires gérés par les Indiens
Propos extraits du site zero deforestation.org

b) 2019 vs 2018: la déforestation de l'Amazonie a augmenté de 88% en un an 

Contrarié par les chiffres de la déforestation, Bolsonaro menace l'institut qui les divulge

920 km2 de forêt tropicale disparus en un mois. Selon les données de l'agence spatiale brésilienne, la déforestation de la l'Amazonie au Brésil a augmenté de 88,4 % en juin par rapport à juin 2018. L'agence spatiale a signalé 4.565 km2 de forêt disparus ces onze derniers mois. Soit une hausse de 15 % par rapport à la même période l'an dernier. C'est l'équivalent d'un terrain et demi de football qui disparaît toutes les minutes.
Cette tendance s'est renforcée depuis l'élection du président d'extrême droite Jair Bolsonaro. Ce dernier s'est en effet engagé à favoriser le développement de l'Amazonie en l'ouvrant davantage aux investissements agricoles et miniers.
Le ministre de l'Environnement a quant à lui assuré que le gouvernement prenait « toutes les mesures pour combattre la déforestation illégale ».
Avec 60 % de forêt amazonienne présente sur son territoire, le Brésil fait figure de pays clé dans la lutte contre le dérèglement climatique.
Ces nouvelles données devraient encore retarder la ratification de la France du Mercosur.  Le ministre de la Transition écologique François de Rugy avait assuré que l'accord ne serait ratifié que si le Brésil respecte ses engagements, notamment en matière de lutte contre la déforestation en Amazonie.

c) Les gardiens de la forêt depuis 2012

Le groupe de défense des Gardiens de la forêt a en effet été créé en 2012 à l’initiative des Indiens Guajajara, qui voyaient régulièrement les grands fermiers brésiliens venir couper leurs arbres. Cette milice mène notamment des patrouilles armées dans la réserve d’Arariboia, où vivent quelque 5 300 Indiens répartis sur 4 130 kilomètres carrés. Les membres du groupe transmettent notamment les données GPS de zones où sont retrouvés des troncs découpés. Ils détruisent également les campements illégaux des bûcherons qui exploitent abusivement cette partie de la forêt amazonienne, officiellement placée sous protection du gouvernement brésilien.
Régulièrement, les Gardiens de la forêt reçoivent des menaces de mort, et plusieurs ont été tués ces dernières années au cours d’opérations.

Meurtre du militant indigène Paulo Paulino - Explication dans Le Monde.fr
Un 5ème indigène amazonien Guajajara assassiné au Brésil en quatre mois
l'ONG Survival international


2) Le constat et les actions

a) ou sont les principales zones déboisées ?

Les zones déboisées ont globalement la forme d’un croissant s’étendant depuis la frontière du Pérou (à l’ouest), jusqu’aux environs de Belem, sur l’estuaire du fleuve Para (à l’est).
On distingue 3 régions de déforestation massive : au sud-ouest dans l’État du Rondônia (petite et moyenne propriété) ; au sud dans le nord du Mato Grosso (grandes et très grandes fermes cultivant le soja qui est exporté en Europe) ; et enfin une vaste région allant du nord-est du Mato Grosso à Belem, le long de l’axe routier Belem-Brasilia.
En marge de ces régions principales, ont également été déboisées la région de la route transamazonienne, la vallée de l’Amazone près de Santarem et Alenquer et enfin, à la frontière avec le Venezuela et le Guyana, le Roraima (petits et grands élevages de bovins).

déforestation en forêt amazonienne - état des lieux en 2019

déforestation en forêt amazonienne - état des lieux en 2019

b) Le combat en faveur de la préservation de la forêt amazonienne

Plusieurs barrages ont été construits cette dernière décennie ou  sont en train d'être construits en Amazonie, financés pour une partie par des grands entreprises françaises. Régulièrement, quand l'occasion se présente, je me rassemble avec les associations qui dénoncent ces types de projets qui auront la conséquence de détruire encore plus la forêt mais aussi de disperser leurs habitants ( les indiens ) ..
pour en savoir plus sur ces actions  ou le combat du chef indien RAONI


 

3) MERCOSUR et engagements environnementaux du Brésil

Quels sont les engagements que devraient prendre les pays du Mercosur (Argentine,Brésil,Paraguay,Uruguay) pour que cet accord puisse entrer en vigueur ?
L’accord de libre-échange prévoit, d’un côté, l’abaissement des tarifs douaniers pour de nombreux produits du Mercosur destinés à l’exportation, comme le sucre, le soja, l’éthanol et la viande bovine, et, de l’autre, l’abaissement des taxes pour les produits manufacturés européens
L'accord prévoit donc bien une augmentation des importations de viandes et donc on peut penser qu'une grande partie de la viande importée serait associée à la déforestation.
Il y aussi beaucoup de crainte de la part des agriculteurs français et du monde agricole au regard d'importations qui seraient très compétitives. La viande au Brésil est produite à des prix très bas.
Le débat tourne toujours entre une vision du libre échange et une vision plus prudente et ses préoccupations environnementales.
La France reste opposée à cet accord, réaffirmé par Jean Castex en septembre 2020. En effet, la France fixe 3 conditions pour éventuellement changer d'avis :
=> Une condition sur la protection de l'agriculture Européeenne.
=> Une condition sur le respect de l'accord de Paris
=> Une condition sur la déforestation.
Les conclusions de la commission Ambec sont claires : l'accord tel qu'il a été signé . engendrera une hausse de la déforestation,
Toutefois,on ne peut pas avoir des produits importés comme le sojà à des prix intéressants et exiger du Brésil qu'il mette en oeuvre un processus de production propre. On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre.
En France les catégories sociales les plus défavorisés mangent plus de viandes que les plus riches, une viande souvent importée, pas chère. Et donc si on fait augmenter les couts de production au Brésil, la viande importée sera plus chère et donc touchera directement les plus pauvres.


4) Déforestation versus augmentation des terres agricoles

L'augmentation croissante des exportations agricoles du Brésil suscite des craintes d'une nouvelle avancée de la frontière agricole brésilienne, au détriment de la forêt amazonienne. Les monocultures comme le soja ou l'élevage sont le plus souvent encouragées au détriment de petites exploitations familiales qui ont un impact plus mesuré sur l'environnement.
Cette avancée, au profit d'un modèle tourné vers l'exportation, se fait au prix d'une déforestation massive en Amazonie ou dans la savane du Cerrado.
L'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur pourrait encore stimuler ces exportations. Le texte prévoit que les Européens s'engagent à ne pas importer de soja ou de viande provenant de terres déforestées, mais son application reste floue.
D'immenses surfaces de forêt amazonienne ou de savane ont été transformées en terres agricoles. La plupart sont utilisées dans un premier temps comme pâturage pour l'élevage, avant d'être transformées en champs de soja, dont le Brésil est le premier exportateur mondial (dès 2020 devant les USA) , au même titre que de viande bovine.
Ceci est fortement lié à des appropriations illégales de terres, notamment au nord du Brésil, dans la région amazonienne, où la déforestation précède l'élevage de bovins.
Le Brésil a une balance commerciale positive sur les 5 dernières années et semble vouloir conserver cet équilibre économique . La Chine et les USA restent leurs principaux importateurs.
 

Publié dans Notre planète

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Taillefer 19/08/2020 19:31

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