meurtres du 7 janvier 2015 : Je suis Charlie

Publié le par TT

6 ans se seront écoulés après l'horrible meurtre de 12 dessinateurs.
La tuerie du 7 janvier 2015 avait suscité beaucoup d'émotion et le slogan "JE SUIS CHARLIE"  était dans les paroles de la plupart de nos concitoyens.
Mais depuis 2015 qu'en est-il ? de ceux qui scandaient "je suis Charlie", de la caricature, des dessinateurs dans les journaux. Et peut-on se moquer autant de la religion au nom de la liberté d'expression?

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Sommaire :
1- 12 personnes décédées de Charlie Hebdo
2- Pourquoi dire "Je suis Charlie" ?
3- Les réactions dans le monde
4- La laïcité , c'est le respect de tous
5- L'avenir des caricatures
6- La liberté d'expression reste un droit fondamental

Le 3 mai c'est la journée mondiale de la liberté de la presse. Ci dessous un classement de reporters sans frontière.

Le classement mondial de la liberté de la presse en 2020  ( RSF )
La France est classée au 34ème rang.

2 sept.2020 : le procès des attentats de Charlie Hebdo débute ( Le monde.fr)
16 dec.2020 : le verdict du procès est tombé


1) 12 personnes décédées de Charlie Hebdo

Depuis le 07 Janvier 2015, le monde est en ébullition face à cette tragédie qu’a subi la France avec la mort de 5 dessinateurs et 7 autres personnalités travaillant chez CHARLIE HEBDO, un journal qui fait principalement dans les caricatures et qui est connu pour ses prises de position antireligieuses. Il avait comme première cible le Christianisme ; mais, depuis une dizaine d'années, cet hebdomadaire avait aussi commencé à s’en prendre à l’Islam en publiant à plusieurs reprises des caricatures du « prophète » Mahomet, ce qui, comme ils ont pu le constater, est nettement plus dangereux.
Après cette tuerie, le monde entier ému, s’est levé afin de dénoncer vigoureusement cet acte qui choque. Par solidarité à ce qui est estimé être une violation de la liberté d’expression, un slogan a vite émergé et s’est rependu comme une traînée de poudre : « JE SUIS CHARLIE ». En arborant ce slogan pendant les marches et partout ailleurs, plusieurs ont soutenu les victimes, la France et se sont identifiés au journal.
Les 12 personnes décédées


2) Pourquoi dire : JE SUIS CHARLIE ?

En tant que chrétiens, je pense que pour s’identifier à quelqu’un ou quelque chose, nous devons nous rassurer de savoir que cette personne ou cette chose glorifie Dieu. 1 Corinthiens 10:31 Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, soit que vous fassiez quelque autre chose, faites tout pour la gloire de Dieu.
Au départ, la cible principale de CHARLIE HEBDO, comme je l’ai dit plus haut, était le christianisme. Ce journal aimait bien publier des caricatures provocantes se moquant de Dieu, de Jésus Christ et du Saint Esprit. La majorité de ces images étaient orientées vers le sexe, la perversion, exposant l’homosexualité, la bestialité, la liberté sexuelle en quelque sorte. En provoquant et en choquant, il n’avait aucune crainte de toucher qui que ce soit ou quoi que ce soit. Ce qui a attiré sur eux la colère de beaucoup.
On parle de la LIBERTÉ d’expression qui a été bafouée, d’injustice et aussi de terrorisme. Ce monde est vraiment paradoxal; il réagit pour des tragédies certes choquantes, mais très minimes par rapport à de plus grandes qui se sont produites et continuent à se produire dans certains pays. La mort de 12 personnes a ému le monde entier, pendant que l’extermination des milliers de personnes dans certains endroits du monde n’a fait ni chaud ni froid à qui que ce soit.
Nous sommes tristes pour ces personnes tuées, pas à cause de la liberté d’expression, mais à cause du fait qu’elles soient mortes.
Ayons du discernement, prenons de la hauteur, car ce que nous voyons de nos yeux, n’est pas ce qui se passe réellement. Ce monde est prêt à s’investir pour plusieurs causes, mais pas pour Dieu. Il croit en tout c'est-à-dire : la liberté d'expression, la liberté d'aimer qui on veut, la liberté de se marier, le droit des animaux etc... ;  Romains 12:2 Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait.


3) Les réactions dans le monde

Non à la violence, mais aussi non à l’outrage contre l’islam : c’est la position affichée par les chrétiens du Pakistan après les attentats de Paris, alors que des manifestations violentes se sont déroulées devant le consulat français de Karachi. Selon le directeur d’un magazine chrétien de Lahore, la liberté de la presse ou la liberté d'expression est sacrée, mais elle ne peut pas être utilisée pour offenser ou tourner en dérision une religion, surtout quand il s’agit de la religion musulmane, très sensible au blasphème.
Le Père Bernard Inayat, théologien catholique, indique que les chrétiens pakistanais avaient approuvé les propos tenus par le Pape François. Les chrétiens pakistanais ne sont pas contents quand on insulte la religion musulmane en Europe car ils seront les premiers à en subir les conséquences, a-t-il encore expliqué. Ils remercient donc le Saint-Père pour sa réponse à un journaliste français. Tout en condamnant toute forme de violence et en se disant solidaires des victimes du terrorisme, en France et ailleurs, ils estiment qu’il y a des limites à ne pas franchir.
Au Liban, la Ligue maronite se dit favorable à l’adoption d’une résolution de l’ONU contre toute offense aux religions révélées susceptibles de fomenter la haine entre les croyants. Réuni mercredi, le Conseil de direction de la Ligue a condamné les attentats de Paris, et le fanatisme aveugle qui a guidé les auteurs, mais dans le même temps, il estime que la liberté de pensée et de foi ne doit pas aller jusqu’à démolir les valeurs fondamentales de l’humanité.
En Egypte, le patriarche copte Tawadros a pour sa part déclaré que les caricatures de Mahomet, publiées par l’hebdomadaire satirique français étaient offensantes. Le patriarche orthodoxe désapprouve toute forme d’insulte et condamne résolument les offenses contre les religions. Cela ne contribue pas à la paix dans le monde, a-t-il relevé. Toujours en Egypte, l’évêque copte catholique de Guizèh, a rappelé que la liberté authentique n’était jamais irresponsable et qu’elle ne devait pas offenser gratuitement.

Dans les rangs des chrétiens, d’autres pensent au contraire, comme le philosophe américain Ronald Dworkin, que seule une société qui autorise l’insulte dans le débat public est capable d’adopter des lois contre la discrimination des minorités.

Le classement mondial de la liberté de la presse en 2019  ( RSF )
La France est classée au 39ème rang.


4) La laïcité c'est le respect de tous

Un exemple : Dans un train (laïcité et respect)
Les catholiques n’aiment pas surjouer les « victimes » ni se plaindre. Ils savent au fond que le christianisme, à la suite du Christ, restera un signe de contradiction pour leur temps. Ce qu’ils sont continuera de bousculer le monde et de susciter des oppositions. Tout cela est dans l’Evangile et les chrétiens ne s’en étonnent pas.
Ce n’est donc pas tellement pour eux que les catholiques réclament justice. Ils ne demandent pas un traitement de faveur, ni médiatique ni politique. Ils veulent simplement, pour le bien de tous, pour une société apaisée et juste, qu’on respecte une saine et vraie laïcité. Une laïcité qui n’ignore pas les religions mais les respecte. Une laïcité qui ne nie pas les racines spirituelles et l’histoire religieuse de notre pays mais qui les reconnaît et les protège. Une laïcité au service de la liberté religieuse, droit fondamental que l’Etat républicain doit garantir.
Monsieur Valls, ancien Ministre de l’Intérieur, avait dit en 2012, lors de l’inauguration de la mosquée de Cergy : « je suis le ministre des cultes (…) Toute attaque contre une religion, contre un de ses fidèles ou un de ses lieux de culte est une attaque délibérée contre la République et ses valeurs. Elle nécessite, en retour, une réponse déterminée des pouvoirs publics.» .
Une laïcité qui ne serait pas le respect de toutes les religions perdrait sa crédibilité. Une France qui laisserait impunément insulter la foi qui a si profondément marqué son histoire ou ses valeurs perdrait sa dignité et fragiliserait son unité.


5) L'avenir des caricatures

Genre prisé aux XIXe et XXe siècle, la caricature pâtirait en outre d'une image vieillotte. Le dessin de presse reste un genre menacé dans le monde, entre des journaux de plus en plus frileux et des réseaux sociaux prompts à l'indignation.
En 2019 , New York Times a décidé en juin d'arrêter toute publication de dessins de presse dans les pages de son édition internationale, après une polémique liée à une caricature jugée antisémite. 

Partout, un vent mauvais souffle sur la satire et le dessin de presse en général.
Nous vivons dans un monde où la horde moralisatrice se rassemble sur les médias sociaux et s'abat comme un orage subit sur les rédactions. Cela oblige les éditeurs à prendre des contre-mesures immédiates, paralyse toute réflexion, bloque toute discussion.
Au sein de l'hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo, où la publication de caricatures a été payée au prix fort il y a 5 ans , on se demande si le dessin satirique est une forme de la liberté d'expression en voie de disparition.
Le dessin est de moins en moins toléré, c'est une forme d'expression qui même au sein des médias est encombrante. Même dans les grands journaux, les dessins deviennent extrêmement consensuels, il n'y a pas beaucoup de prise de risque éditoriale, les dessins deviennent un peu insipides.
Aujourd'hui, la notion de blasphème a dépassé le cadre des simples caricatures. Beaucoup de choses sont ressenties comme du blasphème ou de l'agression.
Les réseaux sociaux ne sont pas étrangers à ce phénomène.

"Quand on dit que c'est un genre en désuétude, c'est comme si on disait que la liberté d'expression est un genre en désuétude", rétorque Juin, jeune dessinateur chez Charlie, rappelant que "c'est un genre qui a toujours été menacé", notamment par la censure politique au siècle dernier.
Une censure qui persiste aujourd'hui dans de nombreux pays, où des dessinateurs sont menacés, licenciés, poursuivis en justice voire emprisonnés.

Cartooning for peace, avec l'appui d'organisations comme Human Rights Watch ou Reporters sans frontières, milite pour la reconnaissance du dessin de presse comme un droit fondamental par l'Unesco.
Riss n'est pas convaincu par la démarche: "Je pense que la liberté d'expression est déjà une valeur fondamentale suffisante".


6) La liberté d'expression reste un droit fondamental

Tous les jours, des citoyens, des journalistes sont surveillés, arrêtés, battus ou menacés, simplement pour avoir exprimé des idées ou un point de vue, pour avoir manifesté, ou cherché ou diffusé des informations. Aucune région du monde n’est épargnée. En Arabie saoudite, Raef Badaoui purge une peine de 10 ans de prison pour avoir ouvert un site internet dédié au débat politique dans un royaume verrouillé. En Russie, s’exprimer librement, c’est mettre sa liberté et sa vie en danger. Les restrictions ne se limitent pas aux régimes autoritaires. Partout, on observe des reculs de ces libertés, souvent sacrifiées au nom de la sécurité, des traditions nationales ou religieuses, de la lutte contre le terrorisme.
La liberté d’expression est pourtant un droit essentiel qu’il est dangereux de suspendre ou de limiter.
Les révélations d’Edward Snowden, en juin 2013, ont permis au monde de découvrir l’ampleur des programmes de surveillance de masse des communications des États-Unis et du Royaume-Uni. Malgré le scandale provoqué, les techniques de surveillance illégale sont de plus en plus utilisées par des États et des entreprises pour espionner et intimider les voix qu’elles jugent contraires à leurs intérêts. Ces technologies de surveillance, sans contrôle suffisant, rendent de plus en plus illusoire le droit à la vie privée dans de nombreuses régions du monde. Elles font aussi peser une véritable épée de Damoclès sur les capacités d’expression et d’organisation des sociétés civiles, engendrant peur, autocensure, campagnes de harcèlement et de dénigrement.
Le cas également de Julien Assange défraie toujours la chronique.

La liberté d'expression
La liberté d'expression et ses limites
La liberté d'expression et ses limites

 

 

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tags: liberté d'expression, liberté, janvier 2015

Publié dans social et religions

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