quel poisson manger sans nuire à l'environnement

Publié le par Thierry T

Le poisson n’est pas un produit comme les autres. Le poisson  ne peut plus être un produit de consommation de masse, il faut privilégier une consommation festive et occasionnelle. Ainsi, vous participerez efficacement à la lutte contre le pillage de nos mers et océans.

Sommaire:

1- Consommateurs, nous avons le choix
2- Une liste rouge de poissons à ne plus consommer
3- Alors quel poisson dans notre assiette ?
4- L'exemple des boites de conserves de thons


1) Consommateurs: nous avons le choix

Le consommateur a une responsabilité: celle d'acheter ou non les produits de la mer qu'on lui propose au marché, chez le poissonnier, au supermarché ou au restaurant. C’est nous qui mangeons le poisson. Nous pouvons donc influer sur les filières du poisson et valoriser la pêche durable. Et au premier chef, en demandant de l’information sur ce qu’il consomme.
En France, nous consommons 34kg de poissons chaque année ( moyenne mondiale 17kg)
Le guide des espèces de poissons.

Depuis 2013, l'étiquetage sur la vente de poissons est obligatoire. Les informations principales à connaître seront le lieu ou le poisson a été péché et le mode de pêche.
Si il n'y a pas d'étiquetage, ou si l'étiquetage n'est pas complet, il ne faut pas acheter. Certains poissons, les plus vendus car la demande est très forte, comme le cabillaud ou le thon, fontl'objet de pêche illégale car les quotas ne sont plus respectés. Le consommateur peut changer la donne s'il décide de ne plus acheter les poissons sur la liste rouge décrite au chapitre 2 .

Diminuer sa consommation de poissons, sachant que le poisson est un aliment bon pour la santé, n'est pas si aisé mais c'est le prix à payer si nous voulons éviter dans la décennie à venir une diminution conséquente de la biodiversité marine.


2) Une liste rouge de poissons à ne plus consommer 

Nous pouvons agir au quotidien et ne plus consommer de poissons issus de la liste rouge établie par Greenpeace, pour des raisons diverses: stocks bas, pêche au chalut, mort collatérale de gros poissons.

  • Les crevettes roses pêchées au chalut de fond ; les chaluts prennent plus de 35% des prises accidentelles mondiales – 10 kg de prises accidentelles pour 1 kg de crevettes – y compris des espèces menacées telles que les tortues de mer . Concernant les crevettes en élevage, il faut 3 kg de poissons sauvages pour produire 1kg de crevettes sauvages.
  • Le flétan de l'Atlantique. pêche par chaluts de fonds, chaluts pélagiques et filets droits, 3 modes de pêches qui capturent accidentellement des mammifères marins.. Concernant le flétan d'élevage, il faut 5 kg de poissons sauvages pour produire 1kg de flétan.
  • Le cabillaud de l'Atlantique. Appelé aussi morue. Il est essentiellement péché avec des chaluts de fonds avec bien sur de grandes quantités de prises accidentelles. Certains petits bateaux le capturent à la ligne. Tous les stocks de cabillauds de l'Atlantique nord-est sont surexploités et donc en baisse; Malgré les quotas mis en place, beaucoup de pêche illégale concernant le cabillaud.
  • Le merlu européen. Il est péché avec chaluts de fonds et chaluts pélagiques. Des stocks surexploités. Dans le Golfe de Gascogne,les bébés merlus se retrouvent dans les mêmes habitats que les langoustines et fonc donc l'objet de prises accidentelles.
  • Le saumon de l'Atlantique est péché au chalut . Les stocks sauvages sont épuisés. Cependant 90 % de la consommation vient de poissons d'élevage de Norvège, Ecosse, Irlande et Islande. Mais rappelons nous qu'il faut 4 kg de poissons sauvages pour produire 1 kg de saumon d'élevage.
  • L'empereur, le grenadier, le sabre, la saumonette sont tous des espèces de grands fonds et sont donc péchés par des chaluts de fonds. Ces poissons sont commercialisés sous la forme de filet pour cause de « délit de sale gueule ». Leurs ventes sont en constante augmentation ces cinq dernières années. Espèces à croissance lente parvenant tardivement à l’age adulte et aux faibles capacités de reproduction, très vulnérable face à la surexploitation
  • La sole, principalement péché au chalut de fonds mais aussi avec filet tremail qui est plus responsable. Beaucoup de stocks de soles surexploités.  
  • Le bar, Le bar sauvage peut être capturé au chalut pélagique (tracté par deux bateaux on parle de « chalutage en bœufs »), au chalut de fond, au filet ou encore à la ligne (pêcherie la plus durable).L'élevage du bar est en pleine expansion. Préférer bien sur le bar péché à la ligne.
  • La raie est péchée soit par chalut de fonds, soit par tremail soit par palangre. Les stocks de raies sont en diminution constante.
  • le Thon, le thon rouge et le thon albacore sont péchés avec chaluts pélagiques avec les conséquences connues sur les mammifères marins. Les stocks sont surexploités et il y a donc beaucoup de pêche illégale. Le thon albacore, utilisé pour les boites de conserves se multiplie plus vite que le thon rouge. 
  • La lotte est péchée avec des chaluts de fonds. Beaucoup de pêche illégale, les quotas ne sont pas respectés. La lotte est une espèce à croissance lente et parvenant tardivement à l'âge adulte. Il faut laisser l'espèce se reproduire.

le guide de consommation de GREENPEACE et la liste rouge 


3) Alors quel poisson dans notre assiette ? 

a) quelques principes de base

=> privilégier les produits issus d'une pêche durable et locale (par exemple: le bar de ligne de la côte française, le thon germon des canneurs et ligneurs du Pays Basque, le cabillaud de la mer d'Iroise des pêcheries normandes et bretonnes).
=> éviter de consommer le poisson pendant sa période de reproduction.
=> varier les espèces consommées, la plupart des ventes de poisson se concentrent sur 3 ou 4 espèces principales, thon tropical – le plus souvent en boite, saumon d’élevage, crevette tropicales, colin d’Alaska, alors que des dizaines d’espèces sont disponibles, faisons preuve d’imagination !
=> ne pas céder aux modes du "manger sain" : le poisson est bon pour la santé, certes, mais cela ne doit entraîner une surconsommation, qui elle est nocive à la santé et aux espèces de poissons ! Si la surpêche continue il n’y aura plus de poisson, qu’on le mange pour ses qualités gastronomiques, pour le plaisir ou pour être en bonne santé.

b) acheter des produits de la mer certifié

Les labels MSC et ASC indiquent que le poisson vient d'une pêche responsable. Au sein de l'Union Européenne, l'étiquetage du poisson vendu est obligatoire, le mode de pêche et le lieu ou il a été péché. 

Le guide WWF pour mieux consommer notre poisson ( à télécharger)

Toutefois, beaucoup de critiques autour de ce label qui au fil des années a diminué l'exigence de ses contrôles pour sans doute une question de "gros sous". En effet, les marques qui bénéficient du label doivent payer une commission à MSC . Et si les contrôles sont trop stricts , MSC reevra moins de commissions.
La marque "petit navire" vend désormais ses boites de thon avec le label MSC alors que son mode de pêche reste encore loin d'une pêche durable ( voir chapitre suivant) 

c) quelques poissons à consommer sans risque

Les moules
Le mulet
La sardine fraiche. Pour les sardines en boite, s'assurer du label MSC
Le merlu , s'assurer du label MSC ou que le mode de pêche ne soit pas le chalut.
Le pangasius, avec le label MSC
La morue reste possible mais avec le label MSC. Autrement ne pas acheter.


4) L'exemple des boites de conserves de thon 
a) PETIT NAVIRE, le plus mauvais avant 2015

2015, Greenpeace demande à la marque PETIT NAVIRE d'arrêter de s'approvisionner en thon péché avec des dispositifs de concentration de poissons (DCP); il s'agit essentiellement de chaluts pélagiques. Cette méthode non sélective est un désastre pour les océans.
11 juillet 2017 : victoire, le géant mondial du thon recule devant la pression. Ils vont réduire significativement l'utilisation des DCP.

b) Classement 2017 des boites de thons

Il s'agit de savoir quelles sont les sociétés qui utilisent la pêche durable en évitant d'utiliser des chaluts qui causent des dommages collatéraux à la biodiversité marine. 
N°1 : PHARE D'ECKMUHL
N°2 : SYSTEME U
N°3 : CONNETABLE
N°4 : MONOPRIX
N°5 : CARREFOUR
N°6 : PETIT NAVIRE

Rappelons que Petit Navire était avant 2015 à la 10ème place. Ils ont donc fait des efforts , depuis les actions concrètes de Greenpeace, pour améliorer leurs modes de pêche. Mais ce n'est pas encore suffisant.

c) Un prix différent du au mode de pêche

Bien sur une boite de thon PHARE D'ECKMUHL vaut 3.20 € alors que la même boite de PETIT NAVIRE sera à 2.50 €. Là aussi, si nous voulons prendre une part de responsabilité pour modifier les modes de pêches à éviter, il faudra en payer le prix. Nous avons le choix, prenons le tant qu'il est encore temps.

Publié dans Notre planète

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