Comment contrer la déforestation importée
Des forêts sont brûlées pour faire place au soja utilisé dans l'alimentation animale, ou à l'huile de palme contenue dans des produits de consommation; la viande, les œufs et les produits laitiers que nous mangeons chaque jour sont dérivés d’animaux nourris au soja. Soja dont la culture ne cesse de s’étendre, empiétant sur les forêts naturelles d’Amérique du Sud. Idem pour le chocolat fabriqué à base de cacao cultivé en Afrique de l’Ouest au détriment des forêts.
La Commission européenne avait été enfin capable de créer une loi forte qui empêcherait l'utilisation de produits liés à la déforestation importée dans le marché de l'UE en décembre 2022.
| Mes publications |
Sommaire:
1- Pourquoi la déforestation en Amazonie est elle tant controversée ?
2- Les initiatives pour freiner le déboisement de l'Amazonie
3- L'élevage la principale cause de la déforestation importée
4- La dépendance de la France au soja brésilien
5- Le Brésil veut maitriser ses émissions de CO2
6- La lutte contre la déforestation importée dans le monde
7 - Un accord européen sur les produits importés liés à la déforestation
8- Comment consommer responsable
tags : déforestation importée, importation, Brésil
1) Pourquoi la déforestation en Amazonie est elle tant controversée ?
Est ce le bassin fluvial du fleuve Amazone ? ou est ce l'écosystème forestier tropical qui couvre plusieurs autres bassins forestiers qui fait 7 millions de km2.(82% de la superficie du Brésil)
Au Brésil, la région amazonienne, ou l' Amazonie légale, c'est 59% du Brésil et 5.5 millions de km2 qui contient 3 biomes : l'Amazonie (forêt tropicale humide), le Cerrado (savanes) et le Pantanal (zones humides).
Or, le biome Cerrado fait environ 2 millions de km² au total et 37 % de ce biome se trouve dans l’Amazonie légale, soit 740 000 km² de savanes.
C'est le double de l'Europe continental.
Sur les 5.5 millions de km2, on aurait perdu 491 000 km2 (49 millions d'hectares) de forêt depuis 1985. On serait donc à 9% de déforestation.
Ces chiffres concernent l’Amazonie brésilienne, pas toute la Pan-Amazonie. La Pan-Amazonie (9 pays) a perdu 88 millions d’hectares (880 000 km²) depuis 1985.
Le Brésil représente environ 60 % de la forêt amazonienne totale.
C'est un entrepôt de diversité biologique que la déforestation détruit petit à petit, et ce qu'on détruit à un endroit a du mal à réapparaître dans un autre tant la biodiversité a des éléments uniques.
L'Amazonie qui contient un nombre d'arbres phénoménal, est une réserve de carbone et quand on déforeste, ce carbone est émis dans l'atmosphère et donc participe au changement climatique. L'Amazonie en équilibre (CO2 versus O2).
Le Brésil a émis 1 milliards de tonnes de CO2 en 2019 du essentiellement aux arbres qui disparaissent. Il y a 60 giga tonnes de CO2 en Amazonie brésilienne qui sont stockés et qui devrait rester là pour éviter une accélération du réchauffement climatique.
L'Amazonie est sans doute un régulateur climatique. Du point de vue régional, une grande partie des précipitations dans le sud de l'Amérique du sud provient de l'Amazonie. Les agriculteurs brésiliens sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis car le jour ou il y aura moins de précipitations dans le centre et le sud du brésil ainsi qu'en Argentine, l'agriculture souffrira.
En effet, les arbres amazoniens rejettent chaque jour jusqu’à 1000 litres d’eau dans l’atmosphère par évapotranspiration.
Cette vapeur forme des fleuves aériens qui se déplacent vers le sud et l’ouest du continent. Ces rivières volantes alimentent le Mato Grosso (soja, maïs, coton), le Paraná et le Rio Grande do Sul (blé, élevage), le Chaco paraguayen, le nord de l’Argentine (Corrientes, Misiones, Santa Fe) et les Andes (Pérou, Bolivie). Sans cette humidité, ces régions deviennent plus sèches, avec des saisons sèches plus longues et des pluies moins régulières.
Le contact entre la faune sauvage, les hommes et les animaux d'élevage qui entrainent l'émergence de maladies. Dans le cas du développement des oonoses, la destruction d'eco systèmes favorise l'apparition et le développement de pandémies.
Quand on détruit un écosystème les animaux sauvages perdent leur habitat, se rapprochent des zones humaines et entrent en contact avec les animaux domestiques.µ
Les virus, bactéries et parasites circulent plus facilement entre espèces. C’est exactement ce qui s’est produit avec :
=> Ebola (déforestation en Afrique de l’Ouest),
=> Nipah (Malaisie : destruction des forêts → chauves-souris → porcs → humains),
=> Hendra (Australie : fragmentation des forêts → chauves-souris → chevaux → humains).
Concernant l'Amazonie, les données scientifiques montrent clairement que :
✔️ La déforestation augmente le contact faune sauvage ↔ humains ↔ élevage.
✔️ Elle favorise l’émergence de virus (Oropouche, Mayaro, Rocio, Ilhéus, fièvre jaune…).
✔️ Elle amplifie des maladies existantes (ex. lèpre via les tatous).
✔️ Le risque de pandémie d’origine amazonienne est considéré comme réel par les chercheurs.
2) Les initiatives pour freiner le déboisement de l'Amazonie
Un moratoire en 2006 sur le soja et un accord très fragile et incomplet en 2009 sur le boeuf. On a constaté une baisse significative de la déforestation brésilienne liée au soja mais malheureusement une hausse de la déforestation liée au boeuf et l'expansion de pâturages sur les zones déboisées.
Dans les années 2000, la production de soja s'était énormément développée, au Brésil comme en Argentine.
En 2003/2004, on avait estimé que 30% des zones déforestées en Amazonie Brésilienne deviennent des champs de soja. A ce moment là déjà, il y avait une pression internationale très forte portée par Greenpeace au Brésil.
En 2005, le Brésil devient le 1er exportateur de soja dans le monde.
En 2006, sera signé le moratoire Soja, un accord tripartite entre le gouvernement brésilien, les ONG et les négociants en soja au Brésil.
Et ce moratoire contenait le fait que les négociants en soja s'engageaient à refuser d'acheter, de vendre et de commercialiser du soja en provenance de zones déforestées après 2006. Cet accord excluait donc tous les producteurs de soja qui allaient utiliser des zones déforestées après 2006.
Cet accord devenu permanent en 2016 a permis une baisse significative de la déforestation. En effet, en 2025, on peut affirmer que le soja est responsable seulement à hauteur de 1% de la déforestation directe en Amazonie brésilienne alors qu'on était à 30% en 2003.
Celà ne veut pas dire que la culture du soja n'a plus de conséquence sur l'environnement au Brésil; il y a la question des OGM, des pesticides, la question du déplacement de la déforestation sur d'autres écosystèmes, notamment dans le Cerrado qui est une savane arborée qui jouxte l'Amazonie.
Le 19 août 2025, le CADE — l’autorité brésilienne de la concurrence — a ordonné la suspension du moratoire soja. Le CADE estime que le moratoire constitue un accord de non‑concurrence entre entreprises, qui nuirait aux exportations de soja.
Contrairement à l’Amazonie où le moratoire soja a réduit la déforestation directe à ~1 %, le Cerrado n’a jamais bénéficié d’un moratoire, et les données 2025 montrent que le soja reste un moteur majeur de la déforestation.
Presque la moitié du Cerrado a déjà été déboisée pour l’agriculture. Le soja est la culture dominante dans les zones de déforestation active. On peut estimer que le soja représente entre 30 % et 50 % de la déforestation du Cerrado.
Or, les données scientifiques et journalistiques récentes montrent que la déforestation du Cerrado pour le soja entraîne des perturbations climatiques, hydrologiques, agricoles et écologiques profondes.
Conséquences :
Une baisse des précipitations à l’échelle du biome; une augmentation de l’aridité et du stress hydrique des sols ; une réduction de la capacité du sol à retenir l’eau (perte du système racinaire profond du Cerrado).
Le Cerrado perd son rôle de “pompe biologique” qui régule le climat du centre du Brésil.
Le boeuf reste la principale cause de déforestation directe en Amazonie brésilienne. 85% des terres déforestées en Amazonie brésilienne deviennent des pâturages.
L'idée était de dupliquer ce moratoire soja sur le boeuf. En 2009, avait été signé le "cattle agreement" ou les 4 plus gros meatmakers, JBS SA, négociants et distributeurs, se mirent d'accord pour ne plus acheter de boeufs après 2009 qui proviennent de pâturages de zones déforestées. Mais ce ne sont pas des moratoires ni des interdictions d’acheter du bœuf issu de zones déforestées. Ce sont des engagements volontaires, sans sanction forte avec une application très incomplète. Et donc rien de comparable au moratoire soja, qui lui était strict, vérifiable par satellite, et appliqué par tous les traders.
Cet accord fonctionne beaucoup moins bien que celui du soja, parce qu'une grande partie des acteurs du négoce n'ont pas signé l'accord (alors que pour le soja, 95% des négociants l'avaient signé).
Le déboisement de l'Amazonie a oscillé en 20 et 27000 km2 par an entre 1980 et 2004 avec l'année la plus haute en 2004 avec plus de 27000 km2. A partir de 2005, on enregistre une baisse, du en grande partie à l'application du moratoire soja.
Mais depuis 2012, l'année la plus basse avec 4500 km2, la déforestation remonte.
Ce qui prouve bien que si il y a une volonté politique accompagnée d'une volonté de l'ensemble des acteurs économiques d'un secteur, elle peut baisser ce qu'elle a fait entre 2004 et 2012. Ce n'est donc pas une fatalité.
3) L'élevage, la principale cause de la déforestation importée
70% de la croissance du cheptel brésilien a eu lieu en Amazonie durant ces 40 dernières années.
Ceci a été largement facilité par de grandes infrastructures, les autoroutes en particuliers comme l'autoroute Belem-Brasilia, et à partir de ces routes, il y a des fronts pionniers qui se propagent, des éleveurs qui arrivent avec la possibilité de faire bruler la foret pendant des épisodes secs ce qui engendre des conflits avec les populations indigènes puisqu'il y a 3000 territoires qui sont officiellement reconnus comme appartenant à des peuples indigènes.
Dans la loi brésilienne, ceux qui mettent en valeur un terrain peuvent bénéficier d'une forme de propriété.
D'un point de vue agronomique, une fois que la terre est brulée, il suffit de planter des graminées, d'origine africaine, très productives après déforestation, et d'avoir des élevages de bovins adaptés. Pendant 2 à 5 ans, la productivité est élevée : c’est la phase “miracle”.
Cependant, la productivité de ces pâturages va se dégrader assez rapidement parce que les sols ne vont pas se maintenir sous l'effet de l'érosion et en l'absence de la foret. En effet, la fertilité n’est pas dans le sol, mais dans le cycle forestier (feuilles, racines, microfaune, champignons).
Après quelques années les nutriments des cendres sont épuisés, les pluies tropicales provoquent érosion et lessivage, la matière organique disparaît, les graminées africaines s’épuisent et donc les pâturages deviennent envahis par des plantes pionnières (capim-navalha, capim-sapê).
Résultat : la productivité chute de 50 à 80 % en moins de 10 ans.
C'est la raison pour laquelle, réside toujours cette dynamique des fronts pionniers qui progressent à l'intérieur de la foret laissant derrière eux des terres asséchées ne produisant plus rien.
En Amazonie, le propriétaire d'une terre n'a le droit de l'utiliser pour l'agriculture qu'à hauteur de 20% de sa surface, les 80% qui restent, ce qu'on appelle la réserve légale, doit être maintenu en foret.
Cette règle n'a pas toujours été respectée, elle ne l'est pas en ce moment, mais celà nous rappelle qu'au Brésil, il y a un dispositif légal. C'est plutôt une question de volonté du gouvernement en place pour s'assurer que la loi est suivie.
Cette volonté avait existé durant le mandat de 2006 à 2011 du président Lula,
Mais à partir du mandat de Dilma Roussef et surtout celui de Bolsonaro, il s'agissait plutôt de la politique du laisser faire, et donc la déforestation avait remonté.
Depuis 2023 et la nouvelle élection de Lula, les marges de manoeuvres du nouveau président sont réduites, résultats de la démocratie brésilienne où les principaux états du pays sont dominés par des partisans de Bolsonaro. Sombres coulisses de la démocratie brésilienne.
L'élevage bovin et le soja n'ont pas la même dynamique en Amazonie, La plus grande partie du soja est produite dans les savanes qui se trouvent dans l'Amazonie légale mais en dehors de l'écosystème forestier, et donc n'a pas d'impact écologique alors que l'élevage bovin se trouve plutôt dans la foret et est donc le moteur de la déforestation.
Tout celà forme un système avec le reste du monde. La déforestation intervient parce qu'il y a des marchés pour les produits, et des acheteurs pour ces produits. Tant que les acheteurs de soja ou de bovins ne changeront pas leurs modes de vie, les agriculteurs amazoniens ne changeront pas leurs manières de faire qui leur apportent un revenu.
Le géant de la viande JBS fait face à des poursuites historiques ( Ouest France le 28 décembre 2023)
4) La dépendance de la France et des autres pays au soja brésilien
Les producteurs agricoles français et européens sont très dépendants du soja brésilien pour leurs propres élevage de bovins et volailles. La France ne sera probablement jamais autosuffisante de la production de protéines végétales dont elle a besoin pour son propre élevage.
Le soja est le "poids lourd" de l'empreinte forêt pour la France et pour l'Europe.
L'élevage français est dans une situation de dépendance protéique totale
C'est un problème majeur pour l'agriculture française.
L’UE importe 30 à 35 millions de tonnes de soja par an. La France importe 3,5 à 4 Mt, dont 60–70 % viennent du Brésil.
L'objectif est de tendre vers l'autonomie protéique.
Julien de Normandie, ministre de l'agriculture de 2020 à 2022, avait annoncé la publication d'une stratégie pour développer les protéines végétales en France.
Selon Greenpeace, Il y aurait au moins 3 mesures à prendre :
1=> La France et l'Europe doivent pouvoir développer la production de protéines végétales
2=> Développer l'alimentation végétale pour les humains, augmenter les légumineuses
3=> L'augmentation de la production de protéines végétales doit être couplée avec une réflexion sur la diminution de la consommation de viandes et de produits laitiers,; si on arrêtait d'importer du soja demain, on ne serait jamais capable de produire suffisamment de protéines végétales pour les besoins de notre élevage, et si on importait pas autant de soja du Brésil et des USA, on ne serait pas en capacité d'avoir un tel cheptel en France. Et donc l'objectif étant d'adapter le cheptel à la réalité de production de protéines végétales.
Le soja brésilien est très compétitif économiquement, et si on souhaite substituer ce soja par des sources de protéines européennes, il faudra aider les agriculteurs et investir dans les filières, On ne peut pas envisager ces transformations sans des investissements importants.
La production de soja à travers le monde est quasiment entièrement destinée à l’alimentation animale (entre 70 et 90%)
| rang | Pays | montant importé en Millions de $ | % |
| 1 | Chine | 34500 | 79.0 |
| 2 | Espagne | 1590 | 3.6 |
| 3 | Thaïlande | 1390 | 3.2 |
| 4 | Turquie | 712 | 1.6 |
| 5 | Pakistan | 597 | 1.4 |
| 6 | Iran | 224 | 0.5 |
| 7 | Vietnam | 200 | 0.4 |
| 8 | Argentine | 48 | 0.1 |
| 9 | Taïwan | 45 | 0.1 |
| 10 | Irak | 45 | 0.1 |
La France arrive en 12ème position. Elle importe du soja, mais en volumes bien plus faibles que l’Espagne, et souvent sous forme de tourteaux plutôt que de graines entières.
IL n'y a pas photo, la Chine est responsable à part entière de la déforestation du Cerrado lié à la culture du Soja
5) Le Brésil veut maitriser ses émissions de CO2
Le Brésil s'est engagé à travers un programme appelé ABCterre, à réduire ses émissions de gaz à effet de serre du secteur agricole. Durant l'accord de Paris, le Brésil souhaitait réduire la déforestation tout en intensifiant l'élevage ce qui semblerait paradoxal.
Si on donne aux éleveurs une assise économique suffisante en ayant des moyens de produire plus d'animaux par hectare et donc sur moins d'hectare, on pourrait avoir une réduction de la déforestation et donc une baisse de l'émission de CO2
Suite à des expérimentations, on est capable d'améliorer les pâturages avec du phosphore, et donc une régénération des pâtures avec un stockage de carbone dans le sol donc une réduction nette des émissions de CO2
Le secteur agricole contribue à hauteur de 20 % aux émissions globales de Gaz à Effet de Serre. Par ailleurs, les agriculteurs subissent de plus en plus les conséquences du dérèglement climatique. Or, l’agriculture est capable de stocker du carbone dans les sols, compensant en partie ces émissions de GES.
ABC’Terre est une méthode robuste et innovante de calcul du stockage de carbone dans les sols agricoles et des émissions de GES des systèmes de culture. Elle innove en portant à connaissance des acteurs locaux, l’effet de leurs pratiques agricoles, en fonction de leurs sols, sur l’évolution du stock de carbone à long terme et les émissions de GES de leurs systèmes de culture.
6) La lutte contre la déforestation importée dans le monde
Parmi les initiatives prises par la France et l'Europe pour freiner la déforestation , il y a La SNDI, stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée, qui vise à interdire d'ici à 2030, toutes les importations qui contribuent à la déforestation.
Quels sont les produits concernés par la déforestation importée:
la viande importée du Brésil, le soja, l'huile de palme, le bois, latex, bio carburants, le cacao
La consommation de soja (206m2)se fait de façon indirecte via la consommation de volailles et œufs (responsables à 64%), de produits laitiers (22%) et de porcs (9%). La plus grande partie de la viande (et notamment la volaille) consommée en France provient d'élevages intensifs nourris au soja, majoritairement OGM.
La viande importée du Brésil, c'est 2% de la consommation de viande des français.
Le reste de l’Empreinte forêt se distingue par les consommations de cuir (issu de bœufs d’élevage du Brésil notamment) avec une Empreinte forêt de 37 m² dont 58% d’entre elle à travers les achats de chaussures en cuir et 12% pour le cuir utilisé dans les voitures. Acheter du cuir avec le label naturleder.
Malgré les idées reçues, l’huile de palme n’impacte que 33 m² et ce essentiellement liée aux agrocarburants (69%) le reste se partageant entre l’alimentaire pour 18% et l’oléochimie (cosmétiques et autres usages) pour 13%.
Le papier (24m2), le café (19m2) , le cacao (10m2) et le bois (10m2) sont les autres produits liés à la déforestation importée.
Enfin, jamais évoqué, l’usage d’hévéa ou caoutchouc naturel représente pourtant 13 m² d’empreinte essentiellement dans les pneumatiques (70%), les autres usages étant les préservatifs et les gants.
L'empreinte forêt moyenne d'un français est de 352m2/an. Mon empreinte forêt personnelle est de 118m2/an ( à l'aide du calculateur Envol vert)
|
Des centaines de producteurs d'huile de palme irresponsables et avides continuent de brûler, défricher et même voler des pans de forêts tropicales aux populations autochtones en Indonésie. Shampoings Head & Shoulders, lessives Ariel, tous contiennent cette huile de palme destructrice - alors même que P&G s'était engagé à l'éliminer de ses chaînes d’approvisionnement.
L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) estime que 420 millions d'hectares de forêts - une superficie plus grande que celle de l'UE - ont été perdus à cause de la déforestation entre 1990 et 2020. La consommation de l'UE serait responsable d’environ 10 % de la déforestation mondiale. L'huile de palme et le soja en représentent plus des deux tiers.
7) Un accord européen sur les produits importés liés à la déforestation
Les députés étaient parvenus à un accord préliminaire le 6 décembre 2022 avec les gouvernements de l'UE sur une nouvelle loi sur les produits sans déforestation qui obligera les entreprises à vérifier et à publier une déclaration de "diligence raisonnable" selon laquelle leurs marchandises vendues dans l'UE n'ont pas contribué à la déforestation ou à la dégradation des forêts où que ce soit dans le monde, après le 31 décembre 2020.
Selon le texte convenu, si aucun pays ou produit en tant que tel ne sera interdit, les entreprises ne seront pas autorisées à vendre leurs produits dans l'UE sans cette déclaration. Comme l'ont demandé les députés, les entreprises devront également vérifier la conformité avec la législation du pays de production, notamment en matière de droits de l'homme, et s’assurer que les droits des populations autochtones ont été respectés.
La nouvelle loi garantirait aux consommateurs européens que les produits qu'ils achètent ne contribuent pas à la destruction ou à la dégradation des forêts, notamment des forêts tropicales irremplaçables, et réduirait ainsi la contribution de l'UE au changement climatique et à la perte de biodiversité au niveau mondial.
Les produits concernés par la nouvelle législation sont : le bétail, le cacao, le café, l'huile de palme, le soja et le bois, ainsi que les produits qui contiennent ou ont été fabriqués à l'aide de ces produits de base (tels que le cuir, le chocolat et les meubles). Au cours des discussions, les députés ont réussi à ajouter le caoutchouc, le charbon de bois, les produits en papier imprimé et un certain nombre de dérivés de l'huile de palme. Le Parlement a également obtenu une définition de la dégradation des forêts plus large,
Les sanctions pour non-conformité seront proportionnées et dissuasives et le montant maximum d'une amende est fixé à au moins 4% du chiffre d'affaires annuel total dans l'UE de l'opérateur ou du négociant qui ne respecte pas la législation.
La législation sur la déforestation, adoptée par le Parlement le 19 avril 2023, vise à lutter contre le changement climatique et la perte de biodiversité en empêchant la déforestation liée à la consommation dans l’UE de produits issus du bétail, du cacao, du café, de l’huile de palme, du soja, du bois, du caoutchouc, du charbon et du papier imprimé. Déjà en vigueur depuis le 29 juin 2023, ses dispositions devaient être appliquées par les entreprises à partir du 30 décembre 2024.
8) Comment consommer responsable
Depuis décembre 2025, l’UE impose que les produits suivants soient prouvés “sans déforestation” : cacao, café, soja, huile de palme, viande bovine, bois / papier, caoutchouc, cuir.
Les importateurs doivent fournir :
=> Les coordonnées GPS de la parcelle où le produit a été cultivé
=> La preuve que la zone n’a pas été déboisée après 2020
=> Une déclaration de diligence raisonnée (TRACES).
Il est donc désormais possible d’acheter des produits garantis “sans déforestation”.
🐔 Volailles & viandes (poulet, porc, bœuf)
Le risque principal = soja importé du Cerrado/Amazonie pour nourrir les animaux.
Pour consommer sans déforestation :
=> Choisir Label Rouge : alimentation majoritairement locale, traçable.
=> Choisir Bio : soja européen ou alimentation sans soja importé.
=> Choisir viandes françaises nourries sans soja brésilien (indiqué sur les sites des éleveurs).
=> Pour le bœuf : vérifier “sans déforestation” (obligatoire depuis RDUE pour les importations).
🍫 Chocolat (cacao)
Le cacao est un produit à haut risque de déforestation (Afrique de l’Ouest). Les labels fiables :
=> Rainforest Alliance
=> Fairtrade / Max Havelaar
=> Bio + commerce équitable
=> Marques engagées : Alter Eco, Ethiquable, Kaoka.
L’UE impose désormais une traçabilité par parcelle pour le cacao importé.
🧴 Produits contenant de l’huile de palme
L’huile de palme est responsable d’une déforestation massive en Indonésie/Malaisie.
=> Choisir des produits sans huile de palme (beaucoup de marques françaises l’indiquent).
=> Si huile de palme présente : choisir RSPO “Segregated” (le seul label vraiment fiable).
=> Privilégier les produits Bio (souvent sans huile de palme).
| Catégories | Produits à risque |
| Alimentation | Biscuits, pâtes à tartiner, chips, plats préparés, margarines |
| Cosmétiques | Savons, shampoings, gels douche, crèmes |
| Ménagers | Lessives, liquides vaisselle |
| Techniques | Bougies, encres, biocarburants |
Toutefois, le mot "huile de palme" n'est pas toujours mentionné sur les produits. On retrouve plusieurs mots différents qui veulent dire la même chose.
=> Dérivés directs : Palm oil, Palm kernel oil (huile de palmiste), Palm stearin, Palmolein
=> Dérivés transformés (les plus fréquents)
Sodium laureth sulfate (SLS) / Sodium lauryl sulfate / Sodium palmate / Sodium palm kernelate / Glyceryl stearate / Cetyl alcohol / Stearic acid et surtout Mono- et diglycérides (E471)
👜 Cuir (chaussures, sacs, canapés)
Le cuir est directement lié à l’élevage bovin → donc au risque de déforestation en Amazonie.
Pour acheter propre :
Cuir européen (France, Italie, Espagne).
Labels : Leather Working Group (LWG) – or, silver, bronze.
Éviter le cuir brésilien non certifié.
📄 Papier & bois
Le bois et le papier sont dans la liste des produits à risque du RDUE. Les labels fiables :
FSC (Forest Stewardship Council)
PEFC (Programme for the Endorsement of Forest Certification)
☕ Café
Le café est un produit à risque de déforestation (Amérique latine, Afrique). Les labels fiables :
Rainforest Alliance, Fairtrade, Bio et Café de coopératives traçables (ex : Café Michel, Lobodis)
En pleine COP30, les ONG Reclaim Finance et Canopée reprochent à quatre groupes bancaires tricolores de participer à des transactions en faveur de deux géants de l'agroalimentaire américains, Bunge et Cargill.
Pour aller plus loin :
tags : déforestation importée, importation, Brésil
/image%2F0961752%2F20260820%2Fob_fa50e4_abattage-des-forets.jpg)
/image%2F0961752%2F20231103%2Fob_c528df_la-deforestation-en-amazonie-de-2001.jpg)
/image%2F0961752%2F20241119%2Fob_944480_lempreinte-foret-des-francais.jpg)
/image%2F0961752%2F20260820%2Fob_6363a8_notre-consommation-detruit-leur-habit.jpg)