Le nord du Mali, une région meurtrie

Publié le par TT

Outre l'actualité du Mali, plusieurs militaires français et maliens tués, la libération de Sophie Pétronin, le covid-19 qui sévit sérieusement,on parle du Mali depuis l'intervention de la France en janvier 2013. 
Al-Qaïda et d'autres groupes islamistes et rebelles occupaient la partie du nord du Mali, y inclus les villes historiques de Tombouctou et Gao, où ils avaient installé la loi charia et luttaient contre le gouvernement du Mali.

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Le samedi 2 janvier 2021, 2 soldats ont été tués au Mali dans une attaque à l'engin explosif improvisé

Les dernières statistiques du COVID-19 :
8091 cas, 5945 guérisons, 330 décès.


Sommaire :

1- 2019 à 2020 : 16 militaires français tués, la libération de Sophie Pétronin......
2- 2017 à 2018 : affrontements communautaires et attaques djihadistes
3- 2013 à 2016 : chronologie d'évènements
4- Une situation conflictuelle depuis longtemps
5- Une tentative d'explication de la situation
6- Le Mali aujourd'hui

Préface concernant l'intervention de la France au Mali
L'État malien était menacé par les groupes islamistes armés qui, depuis fin mars 2012, occupaient le nord du Mali et y faisaient régner la terreur. Il fallait aussi éviter que le Sahel ne devienne, à l'instar de l'Afghanistan en 2001, un repère pour djihadistes et un gigantesque camp d'entraînement pour apprentis terroristes, sous la houlette d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). Il s'agissait, enfin, de réduire au maximum le risque terroriste qui pèse sur la France, sur les intérêts français en Afrique et sur l'ensemble du continent noir.

tags: Sophie Pétronin, Covid-19,nord du Mali,militaires français


1) 2019 à 2020 : 16 militaires français tués, la libération de S. Pétronin et un nouveau président. 

28/12/20: 3 militaires français ont été tués par une bombe artisanale au centre du pays, et portent à 47 le nombre de militaires français tués au Sahel depuis 2013 (opérations Serval puis Barkhane).
10/10/20:  Sophie Pétronin a été libérée avec trois autres otages, dont Soumaïla Cissé, une figure de l'opposition malienne. Elle était aux mains du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), une alliance de groupes djihadistes affiliée à Al-Qaïda. C'est avant tout une opération malienne, dont l'objectif principal était de libérer Soumaïla Cissé, enlevé le 25 mars alors qu'il faisait campagne pour les élections législatives.
21/09/20: Ex-ministre de la Défense et des Anciens combattants, Bah N’Daw a été nommé président de transition du Mali.
19/08/20: La nuit suivant son arrestation, le président de la République, toujours détenu par l'armée et les putschistes au camp militaire de Kati, annonce sa démission.
18/08/20: Un
coup d'État  est perpétré par les forces armées maliennes. Il démarre au camp militaire Soundiata-Keïta situé à Kati,  à 15 kilomètres au nord de Bamako. Il aboutit au renversement du président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, au pouvoir depuis 2013.
10/07/20: Une manifestation de « désobéissance civile pacifique » organisée par l’opposition tourne à l’émeute. Les opposants au régime du président Ibrahim Boubacar Keïta accusent la Cour constitutionnelle d’avoir révisé les résultats en faveur du Rassemblement pour le Mali  au pouvoir à l’issue des élections législatives d’avril.
03/06/20 : Les forces spéciales françaises éliminent l’émir d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), l’Algérien Abdelmalek Droukdel au nord-est du pays.

19/04/20 : Le second tour des élections législatives est marqué, comme le premier en mars, par des violences djihadistes qui perturbent le déroulement du scrutin. Les élections, qui devaient se tenir au cours de l’automne 2018, après le scrutin présidentiel, ont été reportées à deux reprises, avec l’accord de la Cour constitutionnelle.
25/11/19 : 13 militaires français de la force Barkhane sont tués dans la collision de deux hélicoptères au sud d’Indelimane, lors d’une opération nocturne contre un groupe djihadiste. Il s’agit de l’événement le plus meurtrier pour l’armée française depuis son déploiement au nord du Mali en janvier 2013. Il porte à 41 le nombre de militaires français morts.
1/11/19 : 49 militaires maliens sont tués au cours d'une attaque de la base d’Indelimane, (est du pays), revendiquée par l’organisation État islamique au Grand Sahara (EIGS).
Juin 2019 : Encore des attaques meurtrières des villages dogons de Gangafani et Yoro Les éleveurs peuls, recrutés par le groupe djihadiste de la katiba Macina, et les groupes d’autodéfense formés par les agriculteurs dogons et bambaras se livrent une lutte meurtrière depuis 2016. On estime à plus de 2700 morts le résultat de ces massacres.
23/03/19 : L’attaque du village peul d’Ogossagou, dans le centre du pays, cause la mort d’au moins cent soixante personnes, principalement des femmes et des enfants.
21/02/19 : La force française Barkhane élimine l’émir adjoint du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), l’Algérien Djamel Okacha, alias Yahya Abou al-Hammam, au nord de Tombouctou.

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Le nord du Mali investi par les militaires français en 2013


2) 2017 à 2018 : Affrontements communautaires et attaques djihadistes

12/08/18 : Le président sortant Ibrahim Boubacar Keïta remporte le second tour de l’élection présidentielle avec 67,2 % des suffrages, face à Soumaïla Cissé
01/07/18 : 4 soldats blessés lors d'une attaque
29/06/18 :cinq morts lors d'une attaque contre le QG de la force militaire G5 Sahel
15/06/18 :Diffusion d’une vidéo de l’otage française enlevée au Mali à la fin de 2016. Sophie Pétronin est détenue par la principale alliance djihadiste au Sahel
19/06/17 : Attaque terroriste subie par le campement de Kangaba
01/03/17 : Plusieurs groupes djihadistes actifs au Mali et au Sahel annoncent leur fusion au sein du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans.
18/01/17 : Attentat suicide faisant plusieurs morts à Gao fait près de quatre-vingts morts parmi les participants au Mécanisme opérationnel de coordination


3) 2013 à 2016: chronologie d'événements

a) 2015 et 2016 : de la prise d'otage au Radisson Blu hotel jusqu'à l'enlèvement de Sophie Pétronin

15/12/16: Enlèvement de Sophie Petronin
30/11/16: : Ouverture du procès d'Hamadou Haya Sanogo
20/11/16
: : Mort de 10 soldats maliens
04/11/16
: : Mort d'un soldat français au nord du Mali
08/10/16 : Mort de Cheick Ag Aoussa
20/11/15 : Attaque terroriste suivie d`une prise d`otage au Radisson Blu Hôtel de Bamako Deux hommes armés investissent l’hôtel Radisson Blu  et ouvrent le feu sur les occupants. La commission de suivi de l’accord de paix signé en mai et juin entre le gouvernement et les groupes armés du nord du pays devait s’y réunir dans la journée. À l’issue de l’assaut donné par les forces de l’ordre appuyées par des forces spéciales françaises, le bilan de l’attaque s’élève à vingt morts.
05/07/15 : Un responsable opérationnel d'Aqmi tué par l’armée française
25/05/15 : Attaque d`un véhicule de la MINUSMA à Bamako
07/03/15 : Attaque d`un restaurant à Bamako
01/03/15 : Le gouvernement et les groupes armés du nord du pays qui lui sont fidèles paraphent, à Alger, l’accord de paix élaboré au terme d’une médiation internationale conduite par l’Algérie pendant huit mois. La Coordination des mouvements de l’Azawad (C.M.A.) rassemblant les groupes fédéralistes ou autonomistes du nord du pays, dont les propositions n’ont pas toutes été retenues, demande un délai de réflexion. Le C.M.A. inclut notamment le Mouvement national de libération de l’Azawad (M.N.L.A.) basé à Kidal.

b) 2014

09/12/14: Le dernier otage français détenu dans le monde, Serge Lazarevic, est libéré près de Kidal, à l'est du Mali, grâce à l'intervention du président nigérien Mahamadou Issoufou et en échange de la libération par Bamako de deux prisonniers islamistes. Serge Lazarevic, qui était détenu par le groupe djihadiste Al-Ansar, proche d'Al-Qaida au Maghreb islamique, avait été enlevé en novembre 2011
24/07/14: à Alger, les représentants du gouvernement malien et de six groupes armés actifs  signent, sous l'égide des pays voisins et d'organisations régionales et internationales, une feuille de route incluant une déclaration de cessation des hostilités et instaurant les conditions d'un processus de paix.
14/07/14: un soldat français est tué au nord du Mali. Il est la neuvième victime française depuis le lancement de l'opération Serval en janvier 2013.
11/06/14: : Attentat à la voiture piégée a Aguelhok

22/04/14 : Le 22, le Mujao annonce la mort d'un otage français, Gilberto Rodrigues Leal, enlevé en novembre 2012.
20/03/14 : Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian annonce l'élimination de plus de quarante djihadistes au nord du Mali au cours des semaines précédentes.
11/02/14 : Un chef du Mujao revendique l'enlèvement de cinq humanitaires maliens, dont quatre membres du Comité international de la Croix-Rouge, disparus le 8. Les incidents se multiplient  impliquant les groupes armés alliés d'Al-Qaida qui l'avaient occupée en 2012.
10/02/14 : Les rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l'Azawad (M.N.L.A.) accusent les djihadistes du Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) d'être responsables du massacre.
06/02/14 :
une trentaine de Touaregs membres d'une communauté fidèle au pouvoir sont tués près de Tamkoutat, au nord-est de Gao, par des assaillants peuls.

c) 2013

14/12/13 : Attentat à la voiture piégée à Kidal
02/11/13 : Enlèvement suivi d`assassinat des journalistes de RFI Ghislaine Dupont et Claude Verlon à Kidal

29/10/13  : Sept employés de la société Areva  dont Pierre Legrand, Thierry Dol, Daniel Larribe et Marc Féret, avaient été enlevés par AQMI à Arlit (Niger) le . Le , la Française Françoise Larribe, épouse de Daniel, ainsi qu'un Togolais (Alex Kodjo Ahonado) et un Malgache (Jean-Claude Rakotorilalao), avaient été libérés en territoire nigérien . Les quatre hommes français restants l'ont été le .
15/10/13  : Après une accalmie de plusieurs mois, les groupes djihadistes reprennent leurs attaques meurtrières dans le nord du pays. Les soldats français, maliens, et la Minusma (la mission des Nations unies) y lancent une offensive.
04/09/13  : Le chef de l’État français, François Hollande, se rend à Bamako pour assister à la cérémonie d’investiture du président malien Ibrahim Boubacar Keita.
18/06/13  : Un premier accord de cessez-le-feu est signé à Ouagadougou entre les autorités et les rebelles touaregs. Il prévoit un déploiement progressif de l’armée, et un cantonnement des rebelles dans des sites de regroupement. Mais il tarde à être appliqué.
02/02/13.  : De violents affrontements opposent les soldats français et tchadiens aux djihadistes de l’Adrar (un massif montagneux au nord-est du pays). À la fin du mois, l’un des principaux chefs d’Aqmi, – acronyme d’Al-Qaida au Maghreb islamique –, l’Algérien Abdelhamid Abou Zeid, est tué par l’armée française.
11/01/2013 : Lancement de l’opération « Serval » à Konna, dans le centre du pays, pour stopper la progression des djihadistes armés. Soutenue presque unanimement par la classe politique française et par la communauté internationale, elle permet de libérer des islamistes les villes de Gao, au nord-est du pays, et de Tombouctou.

Mali, chronologie contemporaine de 1985 à 2020


4) Une situation conflictuelle depuis longtemps

Le nord du Mali connait la crise la plus grave depuis son indépendance. (1960 ). Le Nord de son territoire est aux mains d'une coalition de circonstance entre la rébellion touarègue et les islamistes d'AQMI, tandis que le pouvoir central de transition , après un coup d'état militaire ( mars 2012), s'avère totalement impuissant à gérer la situation.
Le président Amadou Toumani Touré a été renversé par un putsch militaire le 21 mars 2012, car il lui a été reproché son laxisme à l'égard de la rébellion touarègue et son manque de volonté face aux agissements d'AQMI ( Al Quaida au Maghreb Islamique). Il est décédé le 10 novembre 2020.
Simultanément, la rébellion touarègue du Mouvement national pour la libération de l'Azawad ( MNLA) a proclamé l'indépendance des territoires du Nord. Une alliance de circonstance a d'abord lié le MNLA aux groupes islamistes d'AQMI et du mouvement Ançar Dine, qui ont fini par en venir aux armes. Les premiers refusant l'instauration de la charia voulue par les seconds.
Après une présidence de transition qui a duré un an (Dioncounda Traoré )  un nouveau président avait été élu le 11 aout 2013 : Ibrahim Boubacar Keïta .

 


5) Une tentative d'explication de la situation

Ce qui était arrivé au Mali résulte, pour partie, des conséquences de la révolution lybienne. La Cédéao (communauté économique des états de l'Afrique de l'Ouest) avait déclaré le 16 janvier 2013 vouloir déployer des contingents au Mali. La Cedao, en 2012 avait également saisi le Conseil de sécurité de l'ONU pour qu'il entérine l'envoi d'une force africaine dans l'Azawad.
Parallèlement, plusieurs sanctions économiques prises par les différentes banques africaines avaient suspendu toutes opérations en cours vers le Mali.

a) A propos de l'économie du Mali

L'agriculture représente 41 % du PIB et emploie 70% de la population. L'agriculture vivrière, très dépendante des conditions climatiques ne parvient pas à assurer la sécurité alimentaire du pays sévèrement affecté par la crise alimentaire qui sévit depuis l'hiver 2011 en Afrique Sahélienne. Petrole au Mali-
L'agriculture de rente, principalement du coton, place le Mali au 2ème rang des producteurs africains, après le Burkina Faso. Toutefois, sa rentabilité reste très dépendante de la variation des cours mondiaux. En 2017, il est passé au 1er rang.
C'est la raison pour laquelle, le Mali a lancé une grande réforme visant à diversifier le secteur agricole. L'Arabie Saoudite et la Lybie ont déjà investi sur de vastes zones (100000 ha ) au détriment des populations locales.
Coté exploitations minières, le Mali est au 3è rang des producteurs mondiaux d'or derrière l'Afrique du Sud. Le fer et l'uranium vitalisent aussi l'économie du pays.
Dans le passé, le Mali vivait également du tourisme mais depuis 2011 et l'insécurité grandissante dans les régions du Sahel, ce secteur a chuté significativement.
Le Mali fait donc partie des pays les plus pauvres du monde (175ème sur 187 au rang IDH) et 90% des habitants vivent au dessous du seuil de pauvreté.
Le taux d'alphabétisation atteint à peine 20% et l'espérance de vie est de l'ordre de 50 ans. Cette situation justifie l'existence d'une forte immigration vers l'UE, notamment vers la France.

b) La persécution des chrétiens

Depuis la création d'un "état islamique" dans le Nord par les partisans d'AQMI, la Charia était systématiquement appliquée.Beaucoup de chrétiens avaient fui cette région depuis le commencement des hostilités fin 2011 jusqu'à aujourd'hui. Durant cette période plusieurs églises détruites et plusieurs centaines de chrétiens tués ou massacrés. Les chrétiens fuient jusqu'à Bamako (au sud)  mais aussi traversent les frontières jusqu'au Niger ou au Burkina Faso.
Le Mali , 99ème en 2014 est désormais le 115ème pays du classement de reporters sans frontières sur la liberté de la presse . Il était le 7ème pays où les chrétiens sont le plus persécutés en 2014 mais est passé au 29ème rang en 2020.
Il y a actuellement 461000 chrétiens au Mali sur une population majoritairement islamique de 19.7  millions d'habitants.(2.3 %)

 


6) Le mali aujourd'hui

a) Une insécurité qui s'aggrave

L’insécurité au Mali s’était aggravée, des groupes armés islamistes affiliés à Al-Qaïda ayant considérablement intensifié leurs attaques visant les forces gouvernementales et les Casques bleus de l’ONU. Le processus de paix envisagé pour mettre un terme à la crise politico-militaire de 2012-2013 a terminé en impasse en 2017. Les forces gouvernementales ont mené des opérations de lutte contre le terrorisme qui se sont soldées par des arrestations arbitraires, des exécutions sommaires, des actes de torture et des mauvais traitements.
Dans le nord du pays, le désarmement des groupes armés n’a guère avancé et le gouvernement a réalisé des progrès insuffisants en matière de rétablissement de l’autorité de l’État, ce qui a aggravé l’absence d’État de droit et le vide sécuritaire, facilitant un banditisme généralisé et le déplacement de nombreuses personnes.
Dans le centre du Mali, la présence de groupes armés islamistes et les mesures d’intimidation à l’encontre de la population se sont accentuées.
La violence intercommunautaire dans le centre et le nord du Mali a tué des dizaines de personnes, provoqué le déplacement de milliers d’autres, et elle a été exploitée par des groupes d’auto-justice violents répondant à des critères ethniques similaires, leur objectif étant d’attirer de nouvelles recrues. Les actes de banditisme et les attaques ont nui à la fourniture de soins de santé, d’une éducation et d’une assistance humanitaire élémentaires.
Certains efforts ont été consentis afin que justice soit faite pour les victimes d’exactions commises pendant le conflit armé de 2012-2013, mais le système judiciaire a rechigné à enquêter sur les exactions constantes des forces armées. Les institutions garantes de l’État de droit sont restées faibles, et la corruption généralisée, empêchant encore davantage l’accès des Maliens à l’éducation et à des soins de santé élémentaires.
La propagation des attaques militantes depuis le nord et le centre du Mali jusqu’au Burkina Faso et au Niger a engendré un engagement diplomatique et militaire accru de la part de la communauté internationale, d’où l’adoption d’un régime de sanctions de l’ONU et l’instauration d’une force militaire de lutte contre le terrorisme réunissant cinq nations, la Force conjointe du G5 Sahel. Extrait du rapport de Human Rights Watch de 2018

b) Vers un espoir de réconciliation et de paix ?

Dimanche 11 octobre 2020 à Bamako, le chef de l’Etat ghanéen, Nana Akufo-Addo, président en exercice de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), a dit avoir « bon espoir » que les autorités de transition maliennes respectent leurs engagements. Au lendemain de la formation d’un gouvernement de transition, le 5 octobre, l’organisation régionale avait levé les sanctions imposées au Mali le 20 août, deux jours après le putsch qui avait renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta.
La Cédéao a levé ses sanctions, comprenant un embargo commercial et financier, après avoir obtenu la désignation d’un président et d’un premier ministre de transition civils et la renonciation par la junte à la possibilité pour le vice-président, le colonel Goïta, de remplacer le président en cas d’empêchement. Le gouvernement de M. Ouane, 1er ministre de transition,  compte 25 ministres, dont quatre colonels à des postes stratégiques : la défense, la sécurité, l’administration territoriale et la réconciliation nationale
.

c) Vers une négociation avec certains groupes djihadistes

Ces derniers mois, l'armée française, qui a déployé 5 100 hommes au Sahel, et celles des pays africains du G5 Sahel ont multiplié les offensives, dans la zone dite des "trois frontières". La force antiterroriste Barkhane a revendiqué, aux côtés de la force conjointe du G Sahel,  la "neutralisation" de plusieurs dizaines de jihadistes ces dernières semaines. Des succès qui poussent la France à envisager un retour à ses effectifs d'avant le sommet de Pau
Alors que le Mali a déjà fait évoluer sa position sur le principe de l'ouverture d'un dialogue avec les groupes islamistes, qui sévissent principalement dans le nord et le centre du pays, Paris est également en train de revoir sa stratégie dans le contexte d'une éventuelle sortie du Sahel. Des négociations sont possibles au Sahel avec des éléments des groupes djihadistes, mais restent exclues avec les directions d'Al-Qaïda et du groupe État islamique.


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Publié dans Geopolitique

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Stop Pub Overblog 04/01/2021 22:45

Merci, au plaisir de vous voir.