Les abeilles
Les ABEILLES sont des acteurs de la biodiversité. Leur présence est non seulement indispensable à la production nationale de miel et d’autres produits de l’apiculture mais aussi à la pollinisation et donc à l’agriculture.
Les mortalités importantes d’abeilles enregistrées en divers points du globe (du essentiellement aux pesticides) et en France mobilisent la communauté scientifique et les professionnels.
le 20 mai journée mondiale des abeilles.
Sommaire :
1- Le rôle de l'abeille
2- Pourquoi les abeilles sont-elles menacées ?
3- La surmortalité des colonies d'abeilles
4- L'invasion du frelon asiatique, tueur d'abeilles.
5- L'abeille noire de l'ile de Groix (Morbihan)
6- A Cuba les abeilles sont heureuses
7- La disparition des abeilles aux Etats-Unis
8- Les abeilles et le confinement
9- Parrainer une ruche c'est possible
1) Le rôle de l'abeille
Les abeilles assurent 80 % de la pollinisation et donc de la reproduction des plantes à fleurs !
Elles jouent un rôle essentiel dans notre chaine alimentaire : 35 % de nos ressources alimentaires (fruits, légumes, oléagineux) dépendent de cette action fécondatrice des insectes dont les abeilles.
Une abeille peut butiner de 3000 à 5000 fleurs par jour.
Espèce sentinelle : son état de santé est un indicateur de la qualité de son environnement et donc du nôtre !
Mieux comprendre la pollinisation.
Le grain de pollen, lorsqu'il est déposé sur le pistil d'une fleur de la même espèce, entraîne la fécondation d'un ovule, suivie par la formation d'un fruit
Tout savoir sur la pollinisation des arbres fruitiers
=> 20 000 espèces d'abeilles dans le monde dont 1000 espèces en France.
=> Une seule reine pour 40 à 60 000 ouvrières et quelques centaines de mâles. Le mâle n’est pas capable de se nourrir seul.
=> Nectar et pollen sont prospectés sur un rayon d’environ 4 km.
=> Une abeille butineuse effectue une centaine de voyages par jour à une vitesse moyenne de 30 km/h en transportant une charge équivalente à son poids !
=> 53% des plantes pollinisées par les insectes déclinent. Les adventices (plus connues sous le nom de « mauvaises herbes ») font figure d’exemple : elles sont exterminées par les traitements herbicides alors que certaines, comme le coquelicot, sont adorées par les abeilles !
=> 40 % des abeilles sauvages seraient en voie de disparition ( remplacées parles abeilles domestiques)
=> Il reste 55 000 apiculteurs en France. Leur nombre a pourtant drastiquement chuté ces dernières années : il a été divisé par deux en l’espace de 25 ans.
=> 75% de la production alimentaire mondiale dépendrait des pollinisateurs
=> 80% des espèces végétales se reproduisent grâce aux abeilles
=> L'extinction des abeilles coûterait 2.9 milliards d'euros à la France. Toutes les régions ne seraient cependant pas touchées de la même manière. Ainsi par exemple, le département des Hautes-Alpes dont la plupart des cultures dépend de l’action des abeilles risquerait de figurer parmi les départements les plus touchés. A l’inverse, le Pas-de-Calais ne serait que faiblement affecté.
2) Pourquoi les abeilles sont elles menacées ?
La mortalité élevée des abeilles (jusqu'à 30% de mortalité) enregistrée en divers points du globe et en France mobilisent la communauté scientifique, les professionnels et les pouvoirs publics depuis plusieurs années. L'exposition aux pesticides est pour beaucoup la cause principale ..
En butinant les fleurs traitées et en buvant dans les flaques d'eau contaminées, les abeilles sont exposées aux pesticides. Ces produits altèrent leur mémoire, elles se souviennent moins bien du chemin de retour à la ruche et les rendent plus vulnérables face aux prédateurs. Avec moins d'abeilles, la pollinisation est plus faible, la production est de moins bonne qualité et moins abondante.
=> Pertes de colonies : Les apiculteurs français signalent des pertes annuelles de colonies variant entre 17 % et 29 %, avec des pics atteignant 40 à 45 % lors d'années particulièrement défavorables.
=> Utilisation de pesticides : Les insecticides, notamment les néonicotinoïdes, sont identifiés comme une cause majeure de la surmortalité des abeilles.
=> Parasites et maladies : Le Varroa destructor, un acarien parasite, affaiblit les colonies en se nourrissant de l'hémolymphe des abeilles et en transmettant divers virus.
=> Changements climatiques : Des conditions météorologiques extrêmes, telles que des hivers doux favorisant les parasites et des sécheresses estivales réduisant les ressources en nectar, perturbent le cycle de vie des abeilles.
=> Plantes pollinisées : Environ 53 % des plantes pollinisées par les insectes sont en déclin, affectant la biodiversité végétale.
=> Conséquences économiques : La disparition des abeilles pourrait coûter à la France jusqu'à 2,9 milliards d'euros en raison de la perte des services de pollinisation essentiels à l'agriculture.
statistiques sur la disparition des abeilles
| à lire aussi : "Les hommes, les abeilles et les pesticides" |
3) La Surmortalité des colonies d'abeilles
Vingt-neuf agents pathogènes et prédateurs de l’abeille (prédateurs, parasites, champignons, bactéries et virus) sont aujourd’hui dénombrés et connus. Tous ces agents participent potentiellement aux affaiblissements et pertes de colonies d’abeilles. Certains de ces agents peuvent agir simultanément.
Les abeilles peuvent être exposées, comme l’ensemble des organismes vivants, aux divers agents chimiques susceptibles d’être présents dans l’environnement. Dans les zones cultivées, la majeure partie de ces agents chimiques appartient à la catégorie des produits phytopharmaceutiques, encore appelés produits phytosanitaires ou pesticides. Les abeilles sont exposées directement lors de l’application du traitement, mais également via les résidus de pesticides contenus notamment dans les matrices récoltées par les abeilles .
Pour couvrir leurs besoins, les abeilles ont besoin, outre du nectar nécessaire aux butineuses en vol, d’un pollen de qualité issu d’une flore diversifiée (source de protéines) et de miel (source d’énergie) stockés au cours de la saison apicole. Toutes les ressources alimentaires ne sont pas de qualité équivalente. En effet, certains pollens, plus riches en nutriments, sont choisis de façon préférentielle par les abeilles.
La diminution de la biodiversité, liée notamment à la monoculture a pour conséquence une réduction du nombre d’espèces de plantes disponibles et un raccourcissement de leur temps de floraison. Le manque de pollen, l’absence de réserves suffisantes, un manque de diversité ou de qualité dans ces apports peuvent affecter la bonne santé des colonies d’abeilles;
De la tenue du rucher dépend son état sanitaire : il est donc essentiel que l’apiculteur porte une attention particulière aux facteurs critiques permettant le bon développement de ses colonies Le respect de règles techniques et de biosécurité en termes de milieu de vie, essaimage, nourrissement, etc. est indispensable à la bonne santé du rucher. Il est également nécessaire d’effectuer des contrôles réguliers et d’utiliser de manière adéquate les traitements contre les maladies.
En l’absence de diagnostic étiologique, de nombreux cas de mortalité restent à ce jour d’origine indéterminée.
Une grande diversité de facteurs, intervenant de façon isolée ou en association, est donc susceptible de provoquer une mortalité anormale de colonies d’abeilles. Certains de ces facteurs sont aujourd’hui bien connus et régulièrement identifiés (c’est le cas de nombreux agents biologiques et chimiques).
Cependant, pour d’autres, leur effet est difficile a démontrer (effet de l’environnement nutritif, de facteurs climatiques, de certains produits phytopharmaceutiques, certaines infections virales, etc.). De plus, l’effet de l’action combinée de plusieurs d’entre eux reste, à ce jour, et malgré les études en cours, encore peu connu.
4) L'invasion du frelon asiatique, tueur d'abeilles
L’expansion du frelon asiatique a repris de plus belle sur notre territoire, et avec elle, son cortège de cadavres d’abeilles tombées au combat, de colonies terrorisées, de jeunes larves décimées, et de contamination toxique généralisée de l’environnement par des produits destinés à détruire des nids toujours plus gros et nombreux. Cette situation catastrophique dure depuis plus de 15 années, durant lesquelles le frelon asiatique, une espèce invasive accidentellement importée d’Asie et responsable de la mort de millions de pollinisateurs, a progressivement envahi la majorité du territoire français malgré tous les efforts des apiculteurs et des collectivités locales pour tenter d'empêcher sa prolifération.
Endurant, robuste et quasiment dépourvu de prédateur en Europe, le frelon asiatique s’est répandu à une vitesse fulgurante, ne laissant aucune chance aux abeilles mellifères européennes, vulnérables et sans défense, qui constituent plus du tiers de son régime alimentaire.
Des escadrilles de frelons stationnent à l’entrée des ruches, dont les colonies d’abeilles apeurées n’osent sortir sous peine d’être sauvagement décapitées et de servir de repas aux larves des frelons, gloutonnes et avides de protéines.
Résultat : les abeilles quittent plus rarement leurs refuges, rapportent moins de nectar et de pollen à leurs congénères et comptent donc sur de maigres réserves alimentaires pour survivre à l’hiver. Pour couronner le tout, les moyens employés aujourd’hui contre le frelon asiatique ont bien souvent des effets pervers et délétères sur la santé des écosystèmes, de la biodiversité et parfois même des riverains ! Les nids traités avec des insecticides puissants et toxiques, à base de perméthrine, se transforment en véritables bombes chimiques laissées à l’abandon dans la nature, et empoisonnent aussi bien les frelons que les autres pollinisateurs, et les espèces animales qui s’en nourrissent.
Après plusieurs années de recherches, d’essais, d’échecs et de succès que nous n’aurions pu mener sans le soutien infaillible de nos sympathisants, POLLINIS est sur le point de mettre sa solution Heatnest à disposition des collectivités locales, des désinsectiseurs et des groupements d’apiculteurs intéressés : un instrument efficace et respectueux de la nature, capable de venir à bout avec efficacité d’un nid de frelon, ainsi que son application-soeur qui permet de géolocaliser et signaler les nids, et de suivre la campagne de destruction de nids sur la durée.
5) L'abeille noire de l'ile de Groix (Morbihan)
Située au large de la Bretagne, l’Île de Groix offre un environnement particulièrement propice aux abeilles et autres pollinisateurs sauvages. Activités agricoles marginales et exemptes de pesticides, flore endémique, et pratique d’une apiculture naturelle font de ce territoire insulaire un havre de paix qui abrite une population d’abeilles noires locales aux qualités remarquables.
Grâce à la pratique d’une apiculture dite naturelle qui limite drastiquement toute intervention sur les ruchers telle que le nourrissement, les traitements chimiques contre les parasites ou l’élevage de reines, les abeilles domestiques de Groix évoluent selon les règles de la sélection naturelle, et figurent ainsi parmi les plus robustes spécimens d’Apis mellifera mellifera d’Europe, l’abeille noire endémique à l’ouest du continent.
Afin de protéger cet environnement remarquable, le cortège endémique de pollinisateurs sauvages et les populations d’abeilles noires exceptionnelles qu’il abrite, POLLINIS a lancé en janvier 2022 une campagne de mobilisation pour obtenir la protection juridique de l’Île de Groix et de ses pollinisateurs.
Dans cette campagne assortie d’une pétition, l’ONG demande au gouvernement de prendre les mesures indispensables à la protection de l’écosystème groisillon, de ses abeilles mellifères et de l’ensemble des pollinisateurs sauvages. Déjà soutenue par près de 60 000 personnes, la campagne de POLLINIS demande au gouvernement de mettre en place une législation forte contre toute introduction d’abeilles et de matériel apicole assortie de sanctions, et de protéger les pratiques apicoles naturelles en place sur l’île. Une demande particulièrement urgente puisqu’aujourd’hui seul un arrêté adopté par la municipalité en 2008 interdit l’introduction de ruches et d’abeilles sur Groix, vecteur de maladies, ou de parasites.
6) A Cuba, les abeilles sont heureuses
Dans les vallées de la province de Matanzas, à Cuba, les abeilles virevoltent au grand air sans la menace des pesticides qui déciment leur population dans le reste du monde. Cette pureté de leur environnement et un régime riche en fleurs sont à l'origine d'un miel convoité en Europe.
L'environnement des abeilles cubaines est devenu pur avec la crise économique des années 1990 provoquée par l'effondrement de l'Union soviétique: celle-ci fournissait à l'île des milliers de tonnes de pesticides, fertilisants et herbicides; quand cet apport a subitement cessé, Cuba n'a pas eu d'autre choix que de développer des alternatives naturelles, ce qui a réduit à quasiment zéro le recours aux produits chimiques, si néfastes aux populations d'abeilles et à la qualité du miel.
Malgré ses 8.834 tonnes de miel produites en 2018 - soit 1.300 de plus que l'objectif visé par l'Entreprise apicole cubaine (Apicuba, public) - Cuba reste bien loin derrière l'Argentine, premier producteur d'Amérique latine avec 76.000 tonnes de miel en 2018, selon les chiffres de 2017 de l'Agence des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO).
Dans la campagne cubaine, les abeilles ne sont exposées à aucun grand risque naturel ni menace humaine et profitent d'une température estivale toute l'année et d'une humidité qui leur assure des fleurs en permanence.
"Nous n'utilisons aucun produit chimique lors de la fumigation des ruchers ou du désherbage", ni "aucun antibiotique", des produits de toute façon difficiles à obtenir en raison de l'embargo américain en vigueur depuis 1962.
7) les abeilles mélipones
Il y a des dizaines de milliers d’espèces d’abeilles sur la planète. La plus connue, bien sûr, est l’abeille domestique, l’Apis mellifera. Mais il y en a aussi d’autres, comme l’abeille mélipone. Justement, cette dernière suscite de plus en plus d’intérêt auprès des communautés de scientifiques et d’apiculteurs. Présente plus au sud, principalement dans la péninsule du Yucatan, au Mexique, ainsi qu’en Amazonie et dans d’autres régions tropicales et subtropicales de la planète, l’abeille mélipone a tant de choses à nous apprendre, surtout qu’elle est menacée d’extinction. Ensemble, découvrons quelques faits intéressants à son sujet.
Une abeille sans dard
La plus grande différence entre l’abeille domestique occidentale et l’abeille mélipone est que cette dernière ne possède pas de dard et qu’elle est beaucoup plus petite. Elles peuvent parfois ressembler aux abeilles mellifères et leur apparence varie d’une espèce à une autre. Mais, en général, les abeilles mélipones se distinguent par la présence d’une touffe de poils sur le tibia postérieur, par l’absence d’une « presse à pollen » et par la forme de leurs ailes.
C’est bon à savoir : quelques faits sur les abeilles mélipones
Le plus vieux fossile d’abeille sans dard, retrouvé dans l’état du New Jersey, aux États-Unis, daterait de 70 millions d’années. On retrouve les plus vieux fossiles d’abeilles possédant un dard en France et en Allemagne. Ces derniers datent de 34 millions d’années. Ainsi, les scientifiques avancent l’hypothèse que les abeilles avec dard, comme celles de la famille Apis mellifera, sont une évolution de l’abeille sans dard. Il peut être pertinent de rappeler qu’en Amérique du Nord, les abeilles telles que nous les connaissons aujourd’hui ont été introduites sur le continent par les colons européens. Quant aux variétés indigènes, souvent sans dard, elles ont disparues.
Les Meliponini, les tribus d’abeilles sans dard, comptent environ 550 espèces décrites réparties dans 58 genres. Il pourrait y en avoir davantage, car beaucoup d’espèces, présentes notamment en Amazonie, n’ont pas encore été décrites et étudiées.
La production de miel des abeilles mélipones est d’un litre de miel par an. En comparaison, une colonie d’abeilles domestiques va en produire 35[1]. Cela s’explique par le fait que l’abeille mélipone est beaucoup plus petite que l’abeille domestique.
Le miel de mélipone est intimement lié à la culture maya. En effet, dans cette civilisation, les abeilles mélipones étaient très importantes, vénérées, voire sacrées.
Une colonie d’abeilles mélipones compte, en moyenne, 1 500 individus. Selon la façon dont le nid est construit, ce nombre peut grimper jusqu’à 200 000. Cette dernière peut vivre une dizaine, voire une vingtaine, d’années au même endroit.
Les mélipones vont principalement construire leur nid avec du batumen, un mélange de cérumen (cire et résines) et de boue.
Depuis des millénaires, les abeilles mélipones de l’Amazonie bourdonnent dans la forêt et pollinisent 80 % de la jungle tropicale.
Ces abeilles mellifères, qui ne piquent pas, rendent possible le miracle de l’Amazonie. Mais leurs habitats sont détruits et empoisonnés par les pesticides, et leur bourdonnement s’éteint peu à peu.
Aujourd’hui, le Pérou pourrait entrer dans l’histoire en lançant une vraie révolution juridique. Le projet? Inscrire dans la loi le droit pour ces abeilles – et pour la nature – de vivre. Ce texte, très différent d’une simple protection, protégerait à la fois les abeilles et leurs habitats.
La révolution a déjà commencé: une province vient d’adopter cette loi novatrice, d’autres pourraient suivre, et désormais, au cœur de la forêt, les représentants des peuples autochtones se mobilisent pour la présenter au Congrès péruvien.
7) La disparition des abeilles aux Etats Unis
Au premier jour du printemps, un océan de fleurs blanches. Ce sont les amandiers de Californie. Des champs à perte de vue. Ici, on produit 900 000 tonnes d'amandes par an, 80% de la production mondiale. Un marché florissant pourvu que les abeilles soient au rendez-vous. Les ruches viennent des quatre coins des États-Unis. Des milliers de kilomètres, deux à trois jours de voyage pour les abeilles. C'est la plus grande migration de butineuses au monde. Certaines viennent du Texas et ont un mois pour polliniser tous les amandiers et pourtant...
En 2014 et 2015 , les Etats-Unis ont connu des pertes d'abeilles sans précédent. Plus de 45% des colonies d'abeilles ont disparu en 2 années.
Depuis cette année, le nombre d'abeilles aux USA n'arrête pas de décroitre et leur population aurait baissé de 45 % à l'échelle nationale, entre avril 2020 et avril 2021, tandis qu'en Pennsylvanie, 41 % des colonies auraient disparu.
8) Les abeilles et le confinement
"Il y a des fleurs partout, c'est calme comme jamais". La remarque en avril 2020 d'un apiculteur qui constate que ses abeilles revivent et qu'elles s'activent pour produire beaucoup de miel cette année.
Depuis plusieurs années, on entend beaucoup parler des abeilles qui meurent. Les principales causes sont connues : cocktails de pesticides, insecticides et fongicides, servis dans les cultures, mais aussi manque de nourriture au printemps et en automne.
Avril 2020, l'activité forestière est suspendue, les tronçonneuses des bûcherons sont muettes, les promeneurs et les touristes sont confinés chez eux. Il n'y a plus de circulation d'aucune sorte, ni sur les sentiers, ni sur les pistes cyclables. L'agriculture, elle aussi, tourne au ralenti. Les paysans n'ont pas encore fauché les prairies comme les autres années, les traitements agricoles sont moins nombreux. Tout est calme et moins pollué, les abeilles peuvent butiner sans être dérangées
untoitpourlesabeilles.fr
9) La saison apicole 2025
Après une année 2024 difficile, la saison apicole 2025 n’a pas permis à la filière française de retrouver pleinement son équilibre. Si le printemps a offert un répit bienvenu dans certaines régions, la production nationale de miel reste modérée avec environ 14 000 tonnes récoltées, soit une légère hausse par rapport à 2024, mais encore loin de la moyenne des bonnes années (20 000 à 25 000 tonnes). Les apiculteurs restent confrontés à des conditions météorologiques imprévisibles, à la pression croissante du frelon asiatique et à un contexte agricole complexe marqué par le retour finalement avorté de l’acétamipride, un pesticide de la famille des néonicotinoïdes.
Voici une analyse d’une saison marquée par la résilience des apiculteurs et la fragilité persistante des colonies.
Malgré quelques périodes favorables, les abeilles ont dû affronter une nouvelle série de défis :
Le dérèglement climatique reste l’un des principaux facteurs d’instabilité : alternance brutale entre fortes chaleurs, épisodes orageux et sécheresses prolongées. Ces conditions extrêmes perturbent les floraisons et raccourcissent les périodes de butinage
La pression du frelon asiatique, en nette augmentation, a également pesé lourdement sur les ruchers. Dans plusieurs régions du Sud-Ouest et du Centre, les apiculteurs signalent des pertes importantes liées aux attaques de ce prédateur. Sa prolifération, favorisée par les hivers doux, inquiète l’ensemble de la filière.
Bien entendu, l’utilisation massive des pesticides en France continue d’impacter directement les mortalités des colonies d’abeilles mais aussi des pollinisateurs et du vivant. En France, 65 000 tonnes de pesticides sont encore vendues chaque année. Et même si le biocontrôle* progresse (56 % des usages en 2025), les produits chimiques dominent toujours.
La France a importé près de 35 000 tonnes de miel en 2025, un volume record qui pénalise la filière apicole française. Ces volumes viennent majoritairement d’Europe de l’Est et de Chine, souvent à des prix imbattables mais parfois au détriment de la qualité.
Les miels français, pourtant reconnus pour leur pureté et leur traçabilité, peinent à trouver leur place sur les rayons face à cette concurrence. Beaucoup d’apiculteurs gardent des stocks invendus ou vendent à perte, mettant en péril la pérennité de leur exploitation. Pourtant avec à peine 14 000 tonnes de miel récoltées cette année et une consommation nationale de 40 000 tonnes annuelle, le miel des apiculteurs français devrait trouver sa place sans grande difficulté sur nos rayons et dans nos foyers. Ce n’est hélas pas le cas aujourd’hui.
Dans ce contexte instable, le parrainage de ruches proposé par Un Toit Pour Les Abeilles reste un soutien essentiel. Il permet aux apiculteurs de sécuriser une partie de leurs revenus, indépendamment des aléas climatiques ou économiques, et de valoriser leur miel au juste prix rémunérateur. Le parrainage permet en outre de sensibiliser le grand public à la cause des pollinisateurs. Grâce à cette solidarité, des milliers de ruches sont installées et entretenues chaque année, préservant à la fois le miel local et la biodiversité.
9) Parrainer une ruche, c'est possible
untoitpourlesabeilles.fr propose de parrainer une ou plusieurs ruches à des tarifs différents
J'ai choisi de parrainer une ruche qui se situe dans le 77 près de Jablines , la ruche de Carnetin
Je parraine 4000 abeilles.
Le 20 mai, nous célébrons bien plus que les abeilles
Chaque année, le 20 mai marque la Journée mondiale des abeilles.
Deux jours plus tard, le 22 mai, nous célébrons également la Journée internationale de la biodiversité.
Deux journées étroitement liées.
Car protéger les abeilles ne consiste pas uniquement à préserver un insecte ou à produire du miel.
C’est protéger un équilibre vivant dont dépend une immense partie de notre quotidien.
Les abeilles : de véritables sentinelles de notre environnement
Les abeilles jouent un rôle fondamental dans la pollinisation.
Concrètement, elles participent à la reproduction de nombreuses plantes, arbres fruitiers et cultures agricoles.
Sans pollinisateurs, une partie importante de notre alimentation serait profondément bouleversée.
Aujourd’hui :
près de 75 % des cultures alimentaires mondiales dépendent, au moins en partie, des pollinisateurs ;
plus de 80 % des espèces végétales sauvages utilisent la pollinisation animale ;
les abeilles contribuent directement à la diversité de nos paysages et à l’équilibre des écosystèmes.
Mais leur rôle va encore plus loin.
Les abeilles sont aussi considérées comme de véritables bio-indicateurs.
Leur présence, leur comportement et leur santé nous renseignent directement sur l’état de notre environnement.
Lorsque les pollinisateurs déclinent, c’est souvent le signe d’un déséquilibre plus global :
raréfaction des ressources florales, artificialisation des sols, monocultures, pression chimique ou encore dérèglement climatique.
On parle souvent des abeilles domestiques… mais beaucoup moins des abeilles sauvages
En France, il existe plusieurs centaines d’espèces d’abeilles sauvages. Osmies, mégachiles, andrènes…
Ces pollinisatrices discrètes jouent elles aussi un rôle essentiel dans la biodiversité.
Contrairement aux idées reçues :
elles ne produisent pas de miel,
elles vivent généralement seules,
et la grande majorité ne pique pas.
Certaines sont même plus efficaces que l’abeille à miel pour polliniser certaines fleurs ou cultures.
Pourtant, ces espèces restent encore largement méconnues.
Préserver les pollinisateurs, c’est donc aussi protéger cette biodiversité invisible mais indispensable.
Derrière chaque ruche, il y a aussi des femmes et des hommes engagés
Soutenir les abeilles, c’est également soutenir les apiculteurs qui les accompagnent au quotidien.
Le métier d’apiculteur évolue profondément face aux changements climatiques, aux périodes de sécheresse, aux ressources florales de plus en plus irrégulières, ou encore aux fragilités sanitaires des colonies.
Aujourd’hui plus que jamais, l’apiculture française a besoin d’être soutenue.
Et c’est précisément ce que vous permettez en devenant parrain ou marraine.
À travers votre engagement, vous participez concrètement :
à une apiculture plus locale et responsable
à la juste rémunération des apiculteurs de France
à la préservation de la biodiversité,
à la sensibilisation autour des pollinisateurs.
Autres réflexions liées à la biodiversité :
Les hommes, les abeilles et les pesticides
Disparition d'espèces animales
La disparition des poissons, surpêche et pêche durable
/image%2F0961752%2F20250529%2Fob_7ebc15_si-l-abeille-disparait-l-humanite-en.jpg)
/image%2F0961752%2F20250529%2Fob_8536ef_dessin-voiture-abeilles.jpg)
/image%2F0961752%2F20250529%2Fob_da70af_elles-font-notre-miel-sauvez-les-abeil.gif)
/image%2F0961752%2F20260420%2Fob_6b3bf7_ruche-marc-chagall-2.jpg)
/image%2F0961752%2F20260420%2Fob_e6fcd8_ruche-marc-chagall.jpg)
/image%2F0961752%2F20260521%2Fob_0542e0_avec-les-abeilles-et-sans-les-abeilles.jpeg)